France : qui sont les entrepreneurs ?

12 %
Seuls 12 % des micro-entrepreneurs déclarent gagner plus de 30 000
euros net dans l'année.

Contrairement aux clichés, les entrepreneurs ne gagnent pas tous bien leur vie. D’autres, au contraire, parviennent à réaliser un chiffre d’affaires décent sans consacrer énormément de temps à leur activité. Dans une étude, la Fondation Travailler Autrement dresse un véritable portrait-robot de cette catégorie sociale que sont les entrepreneurs.

Le portage salarial : le « meilleur des deux mondes » plebiscité par les plus qualifiés

Entré dans le Code du travail en juin 2008, le portage salarial serait adopté par 30 000 à 50 000 Français, qui généreraient à eux tous un chiffre d'affaires de 700 millions d’euros annuels. Le portage salarial implique une relation contractuelle tripartite entre un « indépendant », un « client final » et une « société de portage », cette dernière offrant à l’« indépendant » la même protection sociale qu’un contrat de travail classique (assurance maladie, assurance chômage, retraite, prévoyance). En même temps, il reste libre dans sa prospection, sa négociation et la facturation auprès de ses entreprises clientes.

Selon l’étude de la Fondation Travailler Autrement, le portage salarial concerne essentiellement trois secteurs : les services aux professionnels du type conseil et expertise (40 %), et dans une moindre mesure la formation (11 %) et de l’informatique (9 %). Ce sont des personnes qui gagnent bien leur vie (la moitié d’entre eux gagnent plus de 30 000 euros net par an) tout en travaillant moins que les autres : 28 heures par semaine en moyenne et 34 heures en moyenne pour ceux qui en ont fait leur activité principale. Il s’agit essentiellement d’hommes, avec une moyenne d’âge de 54 ans et un niveau de diplôme élevé.

Près de la moitié des « portés » (48 %) sont d’anciens salariés, mais les anciens chômeurs sont également nombreux (40 %). Le reste de cette catégorie est constitué de retraités.

Le micro-entrepreneuriat : de faibles revenus et un public moins qualifié

La plupart des micro-entrepreneurs (anciennement des auto-entrepreneurs) ont un moindre niveau de diplôme, et leurs clients sont essentiellement des particuliers : seuls 17 % réalisent des prestations pour le compte de professionnels. Leurs revenus sont relativement faibles : seuls 12 % déclarent gagner plus de 30 000 euros net dans l’année. En même temps, plus de la moitié d’entre eux (52 %) déclarent travailler au moins 35 heures : 37 heures en moyenne pour ceux en activité principale et 23 heures en complément d’activité.

La moitié des auto-entrepreneurs est constituée d’anciens salariés, un peu plus d’un quart (28 %) sont d’anciens chômeurs. Enfin, 19 % d’entre eux sont des personnes n’ayant pas travaillé du tout ou du moins pas d’une façon prolongée : il s’agit d’étudiants et de femmes / d’hommes au foyer. Pour 75 % des auto-entrepreneurs, il s’agit de leur activité principale.

Les autres entrepreneurs : qualifiés, diversifiés et gagnant bien leur vie

Dans le reste des entrepreneurs, on trouve des indépendants immatriculés sous d’autres statuts, comme entrepreneur individuel à responsabilité limitée (EIRL) ou entreprise unipersonnelle à responsabilité limitée (EURL). La moyenne d’âge de ces personnes est de 48 ans, ils sont ceux qui font le plus souvent de leur activité indépendante leur occupation principale (83 %), et qui l’exercent depuis le plus longtemps (11 ans en moyenne). Pour 44 % d’entre eux, leurs clients sont des professionnels. 23 % de l’ensemble de cette catégorie travaillent dans les services professionnels. Un tiers d’entre eux gagnent plus de 30 000 euros par an, et ils sont même 61 % à dépasser ce seul symbolique en chiffre d’affaires.


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