La France a besoin d'une thérapie de choc

93,5 %
La dette de la France représente actuellement 93,5 % du PIB. Cela
pourrait empirer d'ici 2017...

2 février 2018. Paris. 8 h. Encore une journée difficile qui s’annonce pour la France et sa Présidente, Marine Le Pen : dégradation des obligations de l’Etat français au rang de "junk bonds" (obligations pourries), taux de chômage à 25 %, émeutes à répétition dans tout le pays, mise en garde de l’ONU. Depuis l’arrivée en tête de la patronne du RBM (Rassemblement bleu marine) au premier tour des élections présidentielles de mai 2017, tout est allé très vite.

Pourtant, les politologues en tout genre étaient formels : si cette percée du RBM était inévitable, compte tenu de la faible popularité de François Hollande mais aussi de la multiplicité des candidatures à droite, elle devait être balayée rapidement par le fameux sursaut républicain du second tour de la présidentielle.

Seulement voilà, comme souvent, le consensus a eu tort et ce sursaut n’a pas eu lieu. Grâce à l’adoucissement de son discours, au ralliement de nombreuses personnalités de tous bords, mais aussi à la prestation calamiteuse de François Hollande lors du débat de l’entre-deux-tours, la présidente du RBM l’a emporté avec plus de 51 % des voix.

Dès le lendemain de cette victoire, la note de la dette publique française, déjà nettement abaissée auparavant, est passée de B à C. Mais là encore, certains politologues et économistes prêts à tout pour tirer leur épingle du jeu n’ont pas hésité à avancer que cette nouvelle présidence ne serait pas si dramatique que cela et qu’il était de l’intérêt de tous, y compris des partenaires européens, de jouer l’apaisement. Balivernes !

Marine Le Pen avait été élue pour sortir la France de la zone euro, elle se devait de tenir sa promesse, quitte à engager le pays et l’ensemble de l’Europe dans une crise, politique, financière, économique et sociale, historique. Pour ce faire, elle décidait de créer la VIe République, de supprimer le poste de Premier ministre et de former une sorte de gouvernement d’union national, autoproclame "Union sacrée", qui, au-delà du RBM, rassemblait des personnalités politiques de l’UMP, de l’UDI, ainsi que des représentants de la société civile et même d’anciens dissidents du PS.

Le 1er juillet 2017, par une simple ordonnance, la France quittait l’Union économique et monétaire, remplaçant l’euro par le franc au taux de 1 pour 1. Par souci de simplification nous disait-on à l’époque, oubliant que lors de sa création, l’euro valait 6,56 francs. Quelle baisse de pouvoir d’achat ! Mais, peu importe : "les Français veulent une vraie rupture, ils vont l’avoir et retrouveront leur orgueil perdu" martelait Marine Le Pen. Tout paraissait d’ailleurs bien huile : pour accompagner cette révolution monétaire, la France imposait le contrôle des changes, engageait un moratoire sur sa dette publique, qui était réduite des trois quarts, et bénéficiait d’une "planche à billets" illimitée de la part de sa Banque centrale, qui finançait les déficits publics gratuitement.

Dans le même temps, la France fermait ses frontières commerciales, imposaient des droits de douanes exorbitants sur les produits importes et dénonçait les accords au sein de l’OMC et même de l’Union européenne. Porte par un élan nationaliste impressionnant, l’ensemble de ces mesures passait bizarrement comme une lettre à la poste et faisait même monter Marine Le Pen dans les sondages d’opinions. Les medias, de moins en moins libres, titraient en chœur "Oui, c’est possible !" soulignant que les économistes et les élites d’avant l’ère Le Pen avaient menti au peuple et qu’une sortie de la zone euro était non seulement faisable, mais surtout bénéfique.

Evidemment, cette euphorie fut de courte de durée. Très rapidement, l’excès de liquidités, mais aussi l’explosion des droits de douanes, l’effondrement du cours du franc et la pénurie de produits importes engendraient une flambée des prix. Le pouvoir d’achat confère par la planche à billets partait donc en fumée. Ensuite, en réponse à la fermeture des frontières françaises, nos anciens partenaires commerciaux mettaient en place des mesures de rétorsion équivalentes à l’encontre des produits français. Le déficit extérieur était multiplie par trois en quelques mois. Une récession historique s’engageait : écroulement de la confiance des entreprises, baisse massive de leurs investissements, effondrement des investissements logements et des cours de l’immobilier, chute historique de la consommation.

Toutes ces évolutions ne manquaient évidemment pas de faire flamber le chômage, mais aussi les déficits publics. Et si l’augmentation des taux d’intérêt était en partie contrecarrée par la "planche à billets" de la Banque de France, l’assèchement des financements nationaux et internationaux alimentait mécaniquement le cercle pernicieux "défiance- récession- chômage". La reconduction à la frontière de plusieurs dizaines de milliers d’immigrés n’arrangeait pas les choses détériorant encore un peu plus l’activité dans l’Hexagone mais aussi l’image de la France à l’international.

Pour essayer de regonfler le moral des troupes, ce fut ensuite la "chasse aux sorcières" : certains financiers, journalistes, économistes, chefs d’entreprise étaient condamnes, voire emprisonnes, pour manque de patriotisme et trahison. On leur reprochait notamment d’avoir dénigré la politique économique nationale, d’avoir tenté de fuir à l’étranger ou encore d’avoir insuffisamment investi dans l’Hexagone. Il ne s’agissait là que de boucs émissaires, la grande majorité des créateurs de richesses ayant quitté la France dès les premières semaines après l’élection de Marine Le Pen à l’Elysée. Ils avaient d’ailleurs eu du flair puisque, en juillet 2017, le contrôle des changes était instaure, interdisant notamment aux citoyens et aux entreprises de l’Hexagone de transférer leur argent à l’étranger au-delà de 20 000 francs, sauf accord exceptionnel donne par la Banque de France.

En septembre, l’Etat imposait une taxation de 20 % de tous les dépôts bancaires supérieurs à 200000 francs. Nous n’étions pas encore à Chypre, mais presque. À l’automne 2017, face à ce déchainement de mesures autoritaires et spoliatrices, ceux qui n’avaient pas pu ou voulu partir à temps commencèrent à organiser une sorte de résistance. La VIe République devenait un Etat policier, voire militaire. Certaines cites du Val-d’Oise, du Val-de-Marne, mais aussi marseillaises, lyonnaises, lilloises et toulousaines, furent ainsi entourées de murs protecteurs, leur accès étant soumis à des "check points".

Dans le même temps, les pays frontaliers renforçaient physiquement leurs frontières et intensifiaient leurs contrôles. En réaction à la sortie de la France de la zone euro, les autres membres de celle-ci suivirent le mouvement. Une récession dramatique s’installa alors dans cet ancien havre de paix. Pire, la suppression unilatérale des dettes des pays en difficulté, et notamment ceux du Sud de l’Europe, suscita une crise financière aigue, causant de nombreuses faillites bancaires à travers le monde. Les Etats-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Royaume-Uni, le Japon et la Russie engagèrent des poursuites judiciaires à l’égard des pays frondeurs. Pour compenser le non- remboursement des dettes, ces derniers durent céder une grande partie de leurs actifs (ports, aéroports, immeubles, infrastructures ferroviaires, œuvres d’art...). L’Union européenne avait donc non seulement éclate, elle était surtout vidée de sa richesse, désormais partagée entre les pays les plus fortunes de la planète.

Confrontée à cette déperdition, la France résistait, mais elle se retrouvait ruinée et isolée. Marine Le Pen voulait construire une nouvelle France. Elle ne faisait que restaurer celle qui prévalait avant la Seconde Guerre mondiale. Arrestations, spoliations, violences en tout genre, menaces à l’égard des pays occidentaux... la France n’était plus la patrie des droits de l’homme, mais celle de toutes les dérives. Devant cette situation incontrôlée, les Etats-Unis et l’ONU adressaient un avertissement à la France qui, ainsi mise au ban des nations, essuyait toute une série de sanctions économiques, financières et politiques le 12 février 2018. Marine Le Pen prit donc la parole aux Nations unies, pour rappeler que la France disposait de l’arme nucléaire et qu’elle ne se laisserait pas impressionner par les "pantins de l’ONU". Au-delà des catastrophes financières, économiques, sociales et humanitaires qu’elle avait engendrées, la sortie de la France de l’UEM était donc sur le point d’engager un conflit militaire dévastateur...

Réveillez-vous! Nous sommes encore en 2015. Toutes ces horreurs ne sont qu’un cauchemar, mais qui peut tout à fait devenir réalité. Pour éviter d’en arriver là, il ne nous reste plus beaucoup de temps et peu de solutions. Voici donc les dix mesures qu’il faut prendre en urgence pour ne pas tomber dans le chaos et surtout guérir la France de ses maux économiques et sociaux :

I. Baisser les impôts pour tous.

II. Réduire les dépenses publiques.

III. Diminuer le cout du travail.

IV. Moderniser le marché du travail et supprimer les 35 heures.

V. Innover massivement et abolir le principe de précaution.

VI. Faciliter le financement de l’économie.

VII. Actionner la "planche à billets" à l’échelle européenne.

VIII. Faire de l’euro une arme pour la croissance.

IX. Créer un budget fédéral européen et des eurobonds.

X. Développer la culture économique des Français.

Ce traitement de choc devra être applique au même moment sur tous les fronts et par ordonnance, de manière à ne pas perdre de temps avec le système législatif hexagonal. Ces mesures ne sont pas ultralibérales. Elles ne sont ni de droite ni de gauche. Juste pragmatiques et efficaces. Dix mesures simples, indispensables et réalisables sans faire grincer trop de dents, pour peu qu’elles soient expliquées et mises en place avec déontologie et transparence. Mais attention, cette thérapie de choc doit être appliquée rapidement. En 2017, il sera trop tard. Et le pire deviendra inévitable.

Guérir la France la thérapie de choc, de Marc Touati, aux Editions du Moment


A découvrir