Les agences régionales de santé sont-elles transparentes ?

70 %
70 % de la population française vit dans l'inégalité face à la santé.

Les agences régionales de santé sont-elles transparentes ?

La France connaît une aggravation chronique , régulière, et critique de son système de santé. Nous plongeons dans le sous-équipement notoire. La disparition progressive des médecines de proximité, les concentrations hospitalières qui désertifient des territoires entiers, les quotas de spécialistes,  une gestion comptable qui multiplie les formalités administratives, nous rapprochent chaque jour un peu plus de Kafka et de la mort. On constate que les principaux problèmes ne sont ni techniques, ni financiers, mais … administratifs. Les autorisations délivrées par les ARS sont de plus en plus difficiles à obtenir et sont même supprimées dans une pénurie organisée. 70 % de la population française vit dans l’inégalité face à la santé, et ces inégalités se creusent chaque année. Les délais actuels de détection IRM sont 3 fois supérieurs au minimum vital recommandé par la Commission Cancer.

La prévention est systématiquement ignorée ou même torpillée au profit des systèmes classiques, alors que les coûts évités divisent les dépenses par dix…. Des exemples terribles : 20% des tumeurs cérébrales ont une perte de chance sévère avec un délai d’attente IRM supérieur à 15 jours (avec de nombreuses régions au-delà de 40 jours aujourd’hui…). Aucune région française n’atteint cet objectif. Certaines ont un délai de 45 jours et plus…Une minute d’IRM en moins détruit 2 millions de neurones dans le cerveau en cas d’accident. Un accident ischémique nécessite un examen entre 10 minutes et 6 heures pour éviter au maximum des séquelles. Les crises convulsives des jeunes doivent être détectées dans les 6 jours. Les métastases cancereuses non détectées au-delà de 15 jours se multiplient.Et pourtant on peut commencer à s’équiper de tels appareils pour le prix d’une berline ou d’un studio.

Depuis 2012, le retard s’est même encore aggravé. Existe-t-il des consignes tacites ? S’agit il d’une culture comptable de premier niveau qui ignore les coûts induits de mortalité par de telles économies ? Existe-t-il des réseaux d’influence de certains grands groupes pour contrôler le marché ? On peut cultiver de sérieux doutes, surtout après certains procédés ou lobbies de certaines officines, révélés par l’affaire Cahuzac, dans la santé et le médicament. Les gros pôles hospitaliers apportent par ailleurs plus de complexité, de lourdeur de gestion et d’incidents que d’économies, sans compter tous les coûts de transports et la souffrance des malades par l’éloignement.

Le dernier constat du Syndicat national des Technologies Médicales est tout simplement accablant. La France stagne parmi les lanternes rouges de l’Europe, derrière la Slovaquie en imagerie médicale, avec 3 fois moins de scanners/IRM que l’Allemagne, 4 fois moins que les USA, malgré des plans ronflants non tenus depuis 15 ans.  Alors ? c’est quoi le problème ?


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Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon est expert conseil en assistance aux entreprises et services publics, partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Fondateur de l'axe «Entrepreneuriat de l'économie sociale» à l'ESDES Lyon, également membre du comité stratégique national Afnor management et services, il participe régulièrement aux Journées de l’Economie.

Il a successivement exercé dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements de pays émergents, Maghreb, Amérique Latine, Asie, puis à la Caisse des Dépôts et Consignations, direction générale Paris (affaires internationales et recherche) et en région, gérant de portefeuille industriel dans un groupe international de capital risque, ensuite Président et Directeur Général de sociétés Veolia/Dalkia énergie région Sud Est, expert inspecteur auditeur Afnor/Communauté Europénne, puis secrétaire Général du GIE Agirc Arrco.