Avec François Fillon, un nouveau modèle économique et social plus performant !

Entrepreneur engagé, je suis avec intérêt les débats autour des programmes en vue de l’élection présidentielle. J’ai aussi coorganisé avec les clubs de réflexion les IDées.fr et les Bâtisseurs de l’UDI présidés par Louis Giscard d’Estaing et Hervé Morin une quinzaine de colloques en réunissant des experts, des militants associatifs et des chefs d’entreprise ; ce qui m’a permis d’écouter, de débattre et de contribuer à la construction d’un projet traitant de l’ensemble des sujets économiques et sociaux qui préoccupent les Français. 

Depuis plusieurs mois, certains de mes amis centristes ont rejoint l’équipe d’Emmanuel Macron car il incarnerait une nouvelle forme de rassemblement central dans notre vie politique et permettrait la recomposition de notre paysage politique autour des progressistes réformateurs de notre pays. 

« En Marche », une démarche politique qui n’est pas nouvelle

Cette démarche a déjà existé dans notre histoire politique, avec notamment Jean Lecanuet au moment de l’élection présidentielle en 1965. Elle a été aussi présente chez Jacques Chaban Delmas dans le cadre de son projet de « nouvelle société » insistant sur une société plus responsable, fondée sur la concertation, le contrat et de nouvelles relations sociales. La démarche n’est pas nouvelle, mais force est de reconnaitre le talent d’Emmanuel Macron dans cette capacité à créer un mouvement politique en moins d’un an, susceptible de créer la surprise en éliminant les deux principaux partis de gouvernement, le PS et les LR, avec ses alliés du centre droit.

Séduire et satisfaire le plus grand nombre d’électeurs

En étudiant le programme économique et social d’Emmanuel Macron, j’ai constaté que son discours sur l’entreprise était plutôt moderne et prenait en compte les évolutions de l’économie avec notamment l’impact du digital, la transformation énergétique et les nouvelles formes de travail. Il propose quelques évolutions avec l’assouplissement des 35 heures, un droit du travail plus centré sur la négociation dans l’entreprise, des nouvelles formes de protection pour les indépendants et une réduction de la fiscalité du capital en s’inspirant des exemples existant en Europe du Nord. Il en est de même pour l’impôt sur les sociétés.

Il promet aussi des économies dans les dépenses publiques de l’ordre de 60 milliards d’euros sur 5 ans. Son discours sur l’Europe est positif avec la généralisation d’un Erasmus pour les apprentis et une convergence sociale et fiscale renforcée entre les pays de l’UE pour éviter des distorsions de concurrence intra-communautaire trop fortes. On pourrait continuer ainsi et développer le reste de son programme économique et social qui ratisse large. L’objectif est de gagner sans provoquer de choc violent et en satisfaisant globalement toutes les classes sociales. Il n’y a que les retraités et les petits propriétaires qui ne sont pas épargnés avec la hausse de la CSG et l’ISF immobilier.

Alors avec ce programme, peut-on empêcher la France de s’orienter vers un déclin lent mais irrémédiable, peut-on retrouver progressivement le chemin du plein emploi, peut-on améliorer notre niveau de compétitivité qui est passé en quelques années de la 15ème à la 22ème place du classement selon l’étude du Forum économique mondial. Sur le plan de l’éducation, est-on en mesure d’enrayer l’illettrisme avec 20% des jeunes qui quittent le système scolaire et 70% d’entre eux qui ne qui ne trouveront pas d’emploi plus tard. Le système peut-il contribuer grâce à l’apprentissage à former de manière plus efficace les jeunes ? Sur le plan social, peut-on réduire durablement les inégalités avec une autre approche que celle de la redistribution et la croissance des dépenses publiques qui en découle ?

Le courage, et la volonté d’exécuter un programme difficile mais nécessaire pour la France

La vraie différence entre le programme d’Emmanuel Macron et celui proposé par la Droite et le Centre avec François Fillon tient au fait que celui-ci propose de remettre la France sur la voie des grands pays développés en matière de liberté économique, de compétitivité et de dépenses publiques. Oui, on peut aller encore plus loin dans la réforme des 35 heures et les abroger purement et simplement, oui, on peut réduire davantage le nombre de fonctionnaires (250 000 à 300 000 est tout à fait réalisable, si 500 000 peut paraître trop élevé). Il est aussi possible de supprimer l’ISF pour éviter cette superposition de taxes sur le capital qui nuisent aux investissements et aux emplois même si c’est un marqueur idéologique auquel les Français tiennent. Il est également nécessaire d’alléger la bureaucratie qui pèse sur les PME. Il en est de même sur l’assouplissement des normes qui rendent l’achat d’un logement trop élevé ainsi que sur l’instauration d’un statut de bailleur privé pour relancer l’investissement immobilier privé en France. Quant à la retraite par points, c’est une bonne idée, avec globalement le même objectif que celui de la fixer à 65 ans, en l’occurrence d’inciter les actifs à travailler plus longtemps pour obtenir une meilleure retraite mais elle doit s’appliquer tout de suite. La phase de concertation, puis dix ans de transition, c’est encore une manière de ne bousculer personne et de n’en voir aucun effet durant son quinquennat. Cette réforme doit aussi s’accompagner de la création de fonds de pension pour renforcer nos ETI et permettre aux français de disposer d’un complément de revenus. Par ailleurs, le niveau des dépenses publiques qui baisse uniquement de 60 milliards, tout en étant assorti d’un plan d’investissement de 50 milliards, c’est aussi une manière très subtile de ne pas les baisser. Enfin, la baisse des prélèvements obligataires devrait être plus forte pour abaisser le coût du travail et permettre une création d’emplois marchands plus rapide.

Globalement, le programme économique et social de la droite et de ses alliés de centre droit met l’accent sur la restauration de la compétitivité des entreprises. Il fait le choix d’une stratégie de baisse de dépenses publiques prononcée, avec un contre-choc fiscal significatif. La baisse des prélèvements obligatoires va aussi dans le sens de cette nécessité de convergence sociale et fiscale entre les grands pays de l’Union Européenne.

Ce qui manque au programme d’Emmanuel Macron et qui figure davantage dans celui la droite et du centre porté par François Fillon, ce sont ces quelques mesures fortes, qui permettent de tracer le chemin d’une nouvelle croissance. Il y a chez Emmanuel Macron la volonté de transcender les clivages politiques, mais ensuite l’attentisme est trop souvent présent dans les propositions formulées. Au global, pas de catastrophe, mais nous serons toujours à la traîne des pays qui sont plus performants là où l’État se concentre sur ses missions régaliennes, avec une fiscalité plus compétitive pour les entreprises et une emprise de la bureaucratie et des normes plus réduite.

Ce qui privilégie mon soutien à la droite et au centre et à François Fillon, c’est la volonté et la détermination à proposer un nouveau modèle économique et social plus performant et plus efficace pour remettre la France « en marche ». Au-delà du résultat des élections présidentielles, je suis convaincu que c’est ce programme qu’il faudra appliquer à la France, sous réserve d’avoir un repli identitaire et nationaliste au cours des prochaines années.


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