Freudo-libéralisme, les sources libérales de la psychanalyse

1939
Sigmund Freud est décédé en 1939 à Londres.

Un livre nous fait découvrir les sources libérales de la psychanalyse, une exploration plutôt décoiffante.

Voici un essai revigorant, qui met les pieds dans le plat et ne craint pas de s'attaquer aux valeurs établies, puisqu'il entend mettre en évidence les sources libérales de la psychanalyse. Raphaël Krivine doit ramer à contre-courant : les intellectuels français n'aiment pas le libéralisme, comme il l'explique dès le début de son ouvrage, et le freudo-marxisme a connu un grand succès sous nos latitudes, même s’il a terminé en impasse depuis. Mais il s'agit de revenir aux sources : Sigmund Freud a reçu une éducation libérale, il a traduit John Stuart Mill, et cela transparaît dans son œuvre.

Les parentés entre la psychanalyse et le libéralisme sont nombreuses, notamment le point de vue individualiste, la responsabilité individuelle, ou la notion de "propriété de soi". Certains penseurs libéraux ont compris ces rapports étroits entre les deux disciplines comme Ludwig von Mises ou Thomas Szasz. De la même façon, les pays libéraux ont très bien accueilli la psychanalyse, au contraire des régimes dirigistes.

Raphaël Krivine s’attarde sur le cas de la France qui a certes a accordé une place importante à Sigmund Freud mais qui a aussi généré une réaction freudo-marxiste d'ampleur (Althusser, Lacan), et dont la dernière en date n'est autre que celle de Michel Onfray (avec "Le Crépuscule d'une idole"), que le livre remet utilement en perspective ; sous ce point de vue, les choses s’éclaircissent en effet. Cet essai se révèle une source de découvertes et de questionnements que ne doivent laisser passer ni les lecteurs de Freud ni les économistes libéraux.

#Freudo-libéralisme, les sources libérales de la psychanalyse, de Raphaël Krivine (Institut Coppet)


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.