Gilets jaunes : la grande manipulation des images !

OPINION

Ou comment informer en montrant n’importe quoi.

Durant la seconde guerre mondiale, Pierre Dac depuis Londres avait écrit une chanson encore dans toutes les mémoires : « Radio Paris ment, radio Paris ment, radio Paris est allemand. » A cette époque il n’y avait pas l’image (ou très peu) que pourrions nous dire aujourd’hui avec les télévisions d’information montées en boucle 24 heures sur 24 sur les évènements marquants, et les réseaux dits sociaux. A ce niveau ne n’est plus du mensonge mais bien de la manipulation.

Pour étayer cet article je ne citerai que trois exemples mais ils me paraissent tellement parlants qu’à eux seuls ils résument comment le Français de bonne foi est trompé. 

Premier exemple, l'interview du secrétaire d’Etat à l'Intérieur Laurent Nuñez, aux environs de midi, le 1er décembre sur BFM TV pendant le week-end de folie place de l'Etoile. Premier étonnement, alors que la place de l'Etoile est à feu et à sang, la caméra de BFM TV est posée devant la flamme de la tombe du soldat inconnu, comme si le scénario avait été préparé. Que font-ils là ? Le secrétaire d’état en insert qui doit commenter « ces horreurs » et tout à coup que voit-on ? Des dizaines de gilets jaunes pacifiques, protéger la tombe du soldat inconnu en chantant la Marseillaise.

Cette scène serait intéressante en soi, mais ce qui est surprenant ce sont les paroles de Laurent Nuñez, affirmant « mais ce ne sont pas les images que nous voulons montrer » Répétant aussi : « les images que je veux retenir, ce sont des gens qui sont extrêmement violents, qui sont venus pour casser et qui s’en prennent aux forces de l’ordre ». décrivant en boucle les ultra violences qui sont en train de se passer mais que l’on ne voit pas. Dénonçant les images a l’écran comme si la réalité était fausse face à la volonté de l’état (et de la télévision) de nous imposer "leur vision". On comprend qu’il était impératif  de détourner l’attention de cette belle défense de la  tombe du soldat inconnu et de la marseillaise chantée par les gilets jaunes.

Ce premier exemple est parlant, en voulant organiser une propagande BFM et le secrétaire d’état se sont fait piéger par des images « Qu’il ne fallait pas montrer ».

Second exemple tout aussi suspect, et bien réel. Sur les réseaux sociaux et repris par certaines télévisions, on a pu voir les images d’un petit groupe de casseurs en train de casser un distribanque. Images fortes montrant bien que les manifestants s’en prenaient à la finance. Sauf que ces casseurs défoncent le distribanque avec une disqueuse. Incroyable image de casseurs venus avec une boite à outils ce qui pose quand même un certain nombre de questions. Cette grosse disqueuse venait d’où, était elle sur batterie ou branchée, et où ? Où est la police ?  Et surtout comment sont ils arrivés dans cette zone (si c’est bien le quartier des Champs Elysées mais rien n’est moins sûr) alors que le périmètre était bouclé et qu’il était théoriquement impossible d’entrer sans être fouillé. Une dernière question pour laquelle la police a peut être la réponse, les distribanques étant pourvus de caméras de surveillance, les « casseurs » sont facilement identifiables sont-ils arrêtés ?

Tout ceci pour vous prouver que l’on peut faire dire n’importe quoi aux images. Etant donné le cadrage on ne connait pas le lieu, on ne connait pas non plus la réelle date de ce tournage.

Enfin pour terminer un troisième exemple qui, lui aussi, est une véritable question de manipulation. Nous avons tous vu à la fois sur les télévisions (certaines) et sur les réseaux sociaux ces « affreux casseurs »  dans l’Arc de triomphe cassant tout sur leur passage. Images tournées dans le magasin de souvenir de ce monument. La France entière fut choquée sans se poser aucune question, je vais les poser à leur place. Qui filme ? Car le caméraman est entré lui aussi dans ce magasin théoriquement envahi par les casseurs qui ont bousculé la police. Pourquoi filme t il si tranquillement, on voit bien, sur les images, les casseurs eux aussi avec des outils (des masses en particulier) défoncer tout sur leur passage, mais sans jamais inquiéter celui qui filme. Est-il des leurs ? Comment les télévisions ont-elles les images ?

Là encore où est la police, elle n’a pas suivi les casseurs dans l’Arc de triomphe ? Personne n’a posé la question au ministre lors de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale.

Ceci pour vous montrer qu’en réfléchissant un tant soi peu, il est facile de ne pas se laisser piéger par des images, qui peuvent être fabriquées, qui peuvent être prises ailleurs, a un autre moment et dans un autre contexte. Les seules images auxquelles ont pourrait éventuellement faire confiance seraient celles du direct. Mais là encore il faut se méfier, j’ai vu lors d’un reportage des images en plan rapproché du président de la république dans un « bain de foule » j’étais plus éloigné et dans un plan large on pouvait constater que seulement quelques personnes « faisaient la foule » autour du président de la république.

Les images rapprochées sont passées en presse pas les miennes ! Vous avez dit manipulation ?


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic et rédacteur dans plusieurs revues.