Globalisation : la mondialisation côté "face"

2,4 milliards
La population africaine pourrait atteindre 2,4 milliards de personnes

L’équilibre mondial par essence-même se trouve toujours en mutation permanente par l’évolution des sociétés, les progrès techniques et scientifiques et l’environnement.

Parler de mondialisation au sens large, c’est-à-dire de « globalisation » pour nos amis « anglophones » ne peut avoir de sens que dans un contexte de sécurité et de paix. Après la sortie de conflits de toutes sortes, la soif d’évolution vers le progrès au sens large est manifeste. Au-delà des pays « riches », sur fond de stabilité, les pays qualifiés d’« émergents » ont aussi à admettre et à comprendre cette évolution en s’appropriant la démarche adéquate pour parvenir à la mettre en place eux-mêmes. Un lourd labeur avec de lourds enjeux…

La globalisation ou l’« universalisation planétaires des enjeux »…

La globalisation évoque de fait « l’universalisation des enjeux » au travers des nombreux échanges nécessaires pour aider à faire sortir de la pauvreté des pays sous-développés, désormais qualifiés d’« émergents ». Mais elle a eu quelques conséquences pour les pays industrialisés. Il s’agit là d’un principe plus subtil qui introduit une notion de partage dans la mondialisation. Les milieux financiers spéculatifs n’avaient pas eu jusqu’à présent à faire ce discernement. Ils ne se sont d’ailleurs pas mobilisés.

Synonyme d’accroissement de la compétitivité à tous les niveaux, la mondialisation, « stricto sensu », est devenue un facteur clivant et complexe suivant les secteurs d’activité et la structure de l’entreprise tandis que la globalisation va trouver des adeptes stimulant la responsabilité de la communauté internationale. Si certaines entreprises, mieux adaptées en tirent un avantage, d’autres n’ont pas eu cette chance.

La réalité du problème ne se limite pas à de simples considérations. Les interlocuteurs ne sont plus les mêmes. Dans l’ensemble les pays « émergents » ne sont pas prêts à ces transformations. Comment développer ses relations économiques tout en gardant sa dignité  et en prenant ses responsabilités ? Les exemples les plus parlants concernent l’Afrique avec ses 54 pays assimilés à un énorme « patchwork » qui compose l’Union africaine (UA). Le phénomène démographique, déjà signalé en Chine et en Inde, se confirme sur le continent africain. Les prévisions sont formelles avec plus de 2,4 milliards d’habitants dont plus de la moitié auront 25 ans. Là encore c’est l’activité et l’emploi qui seront avant tout des éléments clés pour pallier à la réussite de ces enjeux, aujourd’hui inaccessibles.

Des changements qui entraineront des mutations progressives

Des changements à terme sont inévitables quelles que puissent être les nuances à apporter. Ces modifications essentielles vont se faire, mais toutes ces mutations ne verront le jour que progressivement. Mais ces mutations ne se feront qu’avec de nombreux changements sociaux, adaptatifs, partagés ou forcés. Il ne faut pas oublier de comprendre que toutes ces nouvelles ouvertures et contraintes, perçues souvent comme des bouleversements, ne seront admises que lorsque chacun les aura faites siennes.

Toutes ces notions ont été associées à de multiples opérations financières spéculatives avant d’être économiques. Dans le concret, ces opérations ont fortement perturbé le commerce et surtout la production dans le monde des pays développés. L’extension permanente de la mondialisation l’a faite passer d’un concept économique et culturel à une réalité concrète, basée sur le profit, en conséquence en priorité celle du « libéralisme » des marchés.

Quelle attitude faut-il avoir pour établir des relations partenaires ?

Attention pour les pays « émergents », les enjeux ne sont pas les mêmes. C’est du « cas par cas » et du « sur mesure ». L’investissement profitable est essentiel pour séduire les pays « riches » ou jugés comme tels. La Chine s’est imposée dans des relations bilatérales. Elle progresse significativement. L’Union européenne n’est pas impliquée et c’est du coup par coup pour le Royaume-Uni et l’Allemagne. La France est impliquée aujourd’hui pour moins de 0,5% de son PIB. Au delà des sous-entendus coloniaux et persistants, il n’existe pas de cohésion dans les actions engagées en Afrique. L’UA comme le G5 sont insuffisants pour pallier les carences du système d’aide au développement.

Pour réussir à faire évoluer les comportements, il importe que les pays « riches » cessent d’avoir des relations condescendantes vis à vis des pays « émergents ». Il est essentiel de parvenir à créer des relations d’« égal à égal », comme Etats partenaires « à la hauteur ». En préalable à ces souhaits, il faudra, d’abord et avant tout, parvenir à améliorer en continu leurs conditions de vie et d’environnement, encourager les formations à tous les niveaux, et, favoriser les progrès techniques et les investissements « in situ ». Ces éléments de base sont les seuls moyens qui pourraient permettre à terme de freiner significativement la vague migratoire « économique ». D’aucuns évoquent même sous réserve d’accords particuliers et de suivis personnalisés, des formations spécifiques (« expat ») avec contrats de retour (« repat »).

Qu’il s’agisse des pays « développés » ou « émergents » si leurs objectifs ne sont pas les mêmes, il appartient néanmoins que les « uns » et les « autres » en connaissent les enjeux et les fassent partager. Mais attention, parmi les plus gros obstacles, il faut relever : pour la mondialisation, la standardisation à outrance et la domination des pays les plus puissants ; pour la globalisation, la différence des langues et des cultures, sans oublier les problèmes de localisation, inévitables. A la recherche d’un équilibre planétaire avec des règles communes : des enjeux de taille qui mériteraient d’être relevés prioritairement, mais on n’en est pas encore là…


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Jacques Martineau

Après un long parcours scientifique, en France et outre-Atlantique, Jacques Martineau occupe de multiples responsabilités opérationnelles au CEA/DAM. Il devient DRH dans un grand groupe informatique pendant 3 ans, avant de prendre ensuite la tête d'un organisme important de rapprochement recherche-entreprise en liaison avec le CNRS, le CEA et des grands groupes du secteur privé. Fondateur du Club Espace 21, il s'est intéressé aux problèmes de l'emploi avec différents entrepreneurs, industriels, syndicalistes et hommes politiques au plus haut niveau sur la libération de l'accès à l'activité pour tous. Il reçoit les insignes de chevalier de l'Ordre National du Mérite et pour l'ensemble de sa carrière, le ministère de la recherche le fera chevalier de la Légion d'Honneur.