Google a mis au chaud près de 20 milliards d'euros aux Bermudes

9 %
Le taux d'imposition moyen des GAFA en Europe est de 9% seulement.

Comme les autres multinationales du numérique, Google sait parfaitement exploiter les failles fiscales pour optimiser ses bénéfices. Cela a été le cas en 2017 : le moteur de recherche a mis de côté aux Bermudes près de 20 milliards d’euros.

Les Bermudes sont un paradis fiscal prisé des entreprises, ces dernières n’ayant pas à régler d’impôt sur les bénéfices. Mais il faut pouvoir y transférer de l’argent : c’est là qu’intervient la technique du « double irlandais et sandwich hollandais ». Google fait transiter les bénéfices générés par ses filiales hors États-Unis dans une société-écran basée aux Pays-Bas, qui transfère ensuite cet argent vers les Bermudes dans les comptes de la filiale Google Ireland Holdings. Le tour est joué ! En 2017, Google a ainsi mis au chaud 19,9 milliards d’euros, selon le quotidien néerlandais FD. Et ce n’est pas la première fois que Google exploite cette ficelle : en 2016, le groupe américain mettait au chaud 15,9 milliards d’euros…

Double irlandais et sandwich hollandais

En tout, Google a protégé de l’impôt des dizaines de milliards d’euros. De quoi faire enrager la classe politique, en particulier en Europe où le débat sur l’équité fiscale fait rage. Ces pratiques sont cependant tout à fait légales, même si elles permettent aux GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon et les autres) de ne payer que 9% d’impôt en moyenne, contre 23% pour les autres entreprises. Google se défend d’ailleurs, et explique avoir réglé un taux d’imposition effectif mondial de 26% en moyenne sur les dix dernières années.

Taxes nationales

La technique utilisée par Google pour planquer ses bénéfices sera cependant interdite d’ici 2020, a assuré l’Irlande qui a cédé aux pressions américaines et européennes. D’autres dispositifs vont se mettre en place, comme des taxes nationales sur le chiffre d’affaires : c’est le cas en France depuis le 1er janvier, tandis que le Royaume-Uni et l’Autriche sont en train d’y réfléchir. Un projet de taxation à l’échelle de l’Europe est en cours de discussion au sein de l’UE, tout comme à l’OCDE.


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