La Grèce a caché aux Européens l'embauche de fonctionnaires

La Grèce a embauché 70 000 fonctionnaires en 2010 et 2011,
contrairement aux accords conclus avec ses créanciers.

Eco Digest du 25 juin 2012 (1) – Voilà des révélations qui ne vont pas faciliter les discussions entre la Grèce et ses partenaires européens, au sommet de Bruxelles dans trois jours. Selon le magazine grec de centre-gauche To Vima, Athènes n'aurait pas respecté un accord conclu avec ses créanciers sur la réduction du nombre de ses fonctionnaires en 2010 et en 2011. Une des mesures d'austérité imposées en échange de l'aide financière obligeait la Grèce à ne remplacer qu'un fonctionnaire sur cinq durant cette période. Or, selon un rapport interne de la mission permanente de la "Troïka" (Union européenne, FMI et BCE) et un deuxième rédigé par le ministre des Finances par intérim, George Zannias, tous deux révélés par le magazine, la réduction réelle des effectifs n'a été que de 24 000, alors que 93 000 fonctionnaires sont partis durant ces deux années. Environ 70 000 fonctionnaires auraient donc été embauchés ! Le gouvernement grec a aussitôt publié un démenti. Pas sûr que Bruxelles s'en contente.

Est-ce la fuite de ces informations dans la presse ou l'hospitalisation du ministre des Finances grec pour malaise? En tout cas la visite à Athènes des représentants de la Troïka a été annulée. Elle était prévue pour ce lundi. Les créanciers internationaux devaient justement faire le point sur le plan de rigueur exigé depuis deux ans à la Grèce en échange des 240 milliards d'euros d'aides financières et des 107 milliards d'euros d'effacement de dette.

Décidément, les soucis de santé se multiplient au sein du nouveau gouvernement grec. Le Premier ministre Antonis Samaras vient d'être opéré à l'œil. Il n'assistera donc pas au sommet européen. Il sera représenté par le ministre des Affaires étrangères Dimitris Avramopoulos. Un vrai baptême du feu sur la scène internationale...

- 11,3 millions de téléspectateurs ont regardé sur TF1 samedi soir le quart de finale de l'Euro 2012 de football France-Espagne. À la fin de la rencontre, ils étaient même 13 millions à regarder la défaite des Bleus (éliminés 2-0 par les Espagnols, faut-il le rappeler ?). L'Espagne, l'Italie, le Portugal et la Grèce... les cancres de l'Europe économique tiennent leur revanche sur le terrain. Mais peut-être plus pour longtemps. Lire la chronique de Gilles Sengès, ancien rédacteur en chef des Echos.


A découvrir