Grèce : le Parlement adopte une loi permettant de licencier les fonctionnaires

Athènes s'est engagé à supprimer 150 000 postes de fonctionnaires,
soit 20% des effectifs, d'ici 2015.


Une fois de plus, cette mesure va faire froid dans le dos de tous les autres pays d'Europe en proie à des difficultés... Alors que la Constitution garantit l'emploi à vie des fonctionnaires depuis 1911, le Parlement grec a adopté cette nuit une loi ouvrant la voie au licenciement des fonctionnaires. 15 000 agents seront notamment renvoyés d'ici l'an prochain, leur poste étant le plus souvent purement et simplement supprimé.

 

Si 168 députés, sur 300, ont voté pour après seulement un jour de débats, c'est en réalité parce que la Troïka (Banque centrale européenne, Union européenne et FMI) l'exigeait comme contre-partie au versement d'un nouveau prêt de plusieurs milliards d'euros dont le pays a urgemment besoin, ne serait-ce que pour payer les milliers d'autres fonctionnaires à la fin du mois !

La Troïka exige en effet que l'Etat grec diminue son trait de vie. Antonis Samaras, le Premier ministre, a promis de supprimer 7 000 postes dans la fonction publique cette année, 17 000 l'an prochain, afin de tenir l'objectif de 150 000 postes de fonctionnaires en moins d'ici fin 2015, soit environ 20% des effectifs. Le gouvernement espérait y parvenir grâce aux départs en retraite et en réduisant les embauches, mais finalement, il devra bel et bien se résoudre à licencier ses agents.

Fin 2012, le site Internet du journal allemand Der Spiegel révélait que la Troïka avait même demandé les noms et prénoms des agents qui seraient licenciés. 

Depuis 2011, des milliers de fonctionnaires ont déjà été placés en chômage technique, avec un salaire réduit à 60 %. 

En 2010, on estimait qu'1,2 million de personnes étaient employées par l'Etat en Grèce, incluant les professeurs, les médecins et les prêtres de l'église orthodoxe, ce qui représentait 27% de la population active du pays. Et plus de 80% des dépenses publiques étaient consacrées au paiement de leurs salaires et de leurs retraites.


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.