Grève des médecins : La désinformation en bonne santé

70 %
70 % des médecins devraient suivre le mouvement de grève

Comme tous les Français en vous réveillant ce matin, vous allez entendre vos médias vous informer de « la nouvelle grève des médecins libéraux » Une information reprise par tous sur le mode de la désinformation généralisée.

Après mes divers articles sur cette loi santé tant décriée, je me dois aujourd’hui de corriger cette désinformation et  vous expliquer pourquoi elle se propage. Je suis depuis plusieurs mois en reportage immersion au cœur de la revendication des médecins libéraux, et ce qui s’y passe n’a rien à voir avec ce que l’on veut nous faire accepter.

Non les médecins libéraux ne sont pas en grève « contre le tiers payant généralisé » mais bien contre la totalité de la loi santé qui va tuer la médecine libérale en France. Non les médecins ne sont pas en grève pour une revalorisation du prix des consultations mais uniquement pour sauver la médecine.

Alors pourquoi me direz-vous, les journalistes ne parlent que du tiers payant et du prix de consultations ?

 Plusieurs éléments sont à prendre en compte pour trouver la réponse. Premier élément : la loi santé donne « ce marché » aux assurances privées, une aubaine en termes de chiffre d’affaires, mais aussi une guerre de marketing entre ces grandes « mutuelles » qui n’ont plus rien de mutualiste. Cette guerre de marketing passe par les publicités énormes sur nos écrans de télévision, de radio ou sur les pages des journaux. Vous avez tous vu (avec vos cotisations) les sponsorings de MMA ou autres, vous avez tous vu leur publicités vous avez tous été agressés par leur système commercial (télémarketing entre autre) D’où la grande timidité des rédactions a l’égard de très gros annonceurs du moment, pratiquement les plus gros.

Seconde raison la guerre syndicale qui se joue en ce moment chez les médecins. Deux syndicats avaient jusqu’a ce jour la majorité représentative aux URPS (union représentatives des professions de santé)  CSMF et MG France sont en grand danger car la base les rejette. Ils ont entre autre signé n’importe quoi depuis des années avec le gouvernement contre grosses rétributions (plusieurs millions d’euros par an). Les médecins libéraux ne veulent plus de ces « représentants » et des coordinations de médecins libéraux se sont constituées dans tous les départements. Ces coordinations sont créées spontanément par la base et les « grands syndicats » sont complètement dépassés.  Je peux témoigner en tant que journaliste, pour avoir été dans les réunions de ces coordinations (ce que ne font pas les journalistes invités) que jamais le prix de la consultation n’est évoqué et que le tiers payant n’est qu’une petite partie du refus de la loi santé. Ces coordinations recherchent d’ailleurs le soutien des patients.

Cette grève est partie de ces coordinations, elle se durcira, et les mots d’ordre de mobilisation sont spontanés et envoyés par sms. Alors les fameux « grands syndicats » récupèrent l’action par communiqués de presse interposés, mais en cachant la vérité quitte a détruire l’image de leurs confrères. Ne pas oublier que la manipulation de Marisol Touraine sur les élections aux URPS a fait que nous sommes en période électorale. En effet le ministère de la santé a avancé les élections uniquement des médecins au 12 octobre pour polluer les revendications contre la loi santé.

Alors ne vous y laissez pas prendre, les médecins libéraux se battent pour la médecine de ville, pour leurs patients et pour conserver ce qui fait l’essence même de leur métier « la liberté de soigner » Ils n’ont qu’un seul mot d’ordre : L’état veut tuer la médecine libérale nous allons leur montrer ce que c’est qu’une France sans médecine libérale.


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.