Iran-Israël : demain, la guerre ? (2/2)

En prévention d'un conflit Iran-Israël, une armada internationale est
actuellement en déploiement stratégique dans le détroit d'Ormuz, afin
de protéger les 18 millions de barils de pétrole qui y passent chaque
jour.

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Le premier Ministre Benjamin Netanyahou a indiqué dimanche que l'Iran avait dépassé la ligne rouge et qu'il serait en capacité de détenir l'arme nucléaire d'ici 6 à 7 mois. De son côté, le pouvoir iranien a vertement répondu en déclarant que : "l'Iran est prêt à détruire Israël en cas d'attaque israélienne contre ses sites nucléaires, mais également à s'en prendre aux bases américaines dans la région", selon Mohammad Ali Jafari, le commandant en chef des Gardiens de la révolution, dans une nouvelle mise en garde aujourd'hui.

En cas d'attaque contre l'Iran, "il ne restera rien d'Israël compte tenu de sa petite taille et de nos capacités balistiques", a-t-il déclaré. Voilà qui est un message limpide de part et d'autres. Pendant ce temps, on apprend toujours dimanche que la compagnie aérienne israélienne El Al arrête de desservir le Caire, pour la première fois depuis la signature de l'accord de paix entre Israël et l'Egypte en 1979. La raison officielle invoquée : des coûts d'exploitations trop élevés dus à des contraintes de sécurité... A d'autres.

La guerre n'a jamais été aussi proche. Jusqu'à présent, nous avons été habitués à la paix. Les guerres, c'étaient essentiellement chez les autres. D'après les derniers renseignements, l'Iran dispose de 19 missiles BM25 d'une portée d'environ 3 000 kilomètres... De quoi toucher toutes les nations importantes européennes. Les événements actuels dans le monde arabe donnent un prétexte tout trouvé pour rappeler le personnel diplomatique, ce qui est actuellement en cours pour de nombreux pays.

Si les rumeurs de frappes contre l'Iran ont souvent été un serpent de mer ressurgissant régulièrement, il semble que cette fois, la situation soit réellement préoccupante. Rien ne dit que Barack Obama, malgré ses dénégations officielles, n'ait pas intérêt finalement à cette intervention préventive, puisque la "tradition" américaine veut que l'on ne change pas de président lorsqu'une guerre commence mais que toute la nation fasse bloc. Cette guerre, initiée par Israël, permettrait aux états occidentaux de ne pas en porter la responsabilité mais aurait pour conséquence de les entraîner "malgré" eux dans le conflit pour préserver la libre circulation dans le détroit d'Ormuz, que l'Iran ne manquera pas de fermer.

Les capacités militaires iraniennes sont, pour le grand public, assez peu connues. Aidé par la Chine, la Russie et le Pakistan (puissance nucléaire), l'Iran a fait des progrès considérables ces dix dernières années, profitant de la disparition de l'Irak voisin. Rien ne permet d'assurer à ce jour que la Russie et la Chine resteront neutres dans ce conflit. Dès lors, tout devient imaginable.

Dans le meilleur des cas, une très forte hausse des prix du pétrole est à attendre, certainement dès le début de la semaine qui s'annonce. Les effets récessifs d'une telle hausse amèneront les marchés boursiers à corriger sévèrement. Les prix de l'or devraient s'envoler avec les bruits de bottes. Un article du Monde de la semaine dernière évoquait d'ailleurs la possibilité qu'Israël utilise une bombe atomique lâchée en haute altitude au dessus de l'Iran pour créer une EMP (onde électromagnétique) afin de mettre hors service tout appareil électronique, d'une simple télévision à l'ordinateur le plus perfectionné...

Je vous laisse imaginer les effets psychologiques mondiaux de l'utilisation d'une arme nucléaire pour la première fois depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Dès lors, nos hommes politiques pourront nous expliquer doctement que les problèmes économiques sont liés... à la guerre. Les prochains jours seront déterminants. Accrochez vos ceintures et surveillez les cours du pétrole et de l'or, ils donneront une indication précieuse sur l'imminence d'une éventuelle attaque. A moins qu'encore une fois comme depuis plusieurs années, il s'agisse de gesticulations destinées à faire pression sur l'Iran.  


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.