Guerre Iran-USA : Moody's craint pour les marchés

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L'Iran détient 10% des réserves de pétrole mondiales.

Alors que sur Internet on estime déjà que l’élimination, par les États-Unis, du général iranien Ghassem Soleimani sera le déclencheur de la troisième guerre mondiale, un peu comme la première fut déclenchée par l’assassinat de l’archiduc François-Ferdinand à Sarajevo, Moody’s ne prend pas la menace d’un véritable conflit international sur le ton de l’humour.

Iran : menaces et programme nucléaire

La tension est palpable au Moyen-Orient où l’Iran a d’ores-et-déjà menacé les États-Unis de représailles pour venger son général. Première attaque, moindre mais prouvant que cette nouvelle guerre va se jouer aussi sur Internet, le site de la bibliothèque fédérale des États-Unis a été piraté par des hackers pro-Iran. Une image de Trump recevant un coup de poing sur fond de drapeau iranien est apparue samedi 4 janvier 2020, deux jours seulement après la frappe aérienne qui a ciblé le général Soleimani.

Mais l’Iran semble bien plus sérieux : le gouvernement a annoncé dimanche 5 janvier 2020 lever toutes les interdictions sur le programme nucléaire d’enrichissement d’uranium, restrictions imposées par l’accord de 2015, et a menacé de « réduire Tel-Aviv et Haïfa en poussière » si les États-Unis attaquaient sur son territoire. En Irak, le même jour, c’est le Parlement qui a voté l’expulsion de toutes les troupes étrangères de son territoire.

Moody’s : un conflit qui pourrait causer un « choc financier »

Preuve que les menaces ne sont pas du niveau de celles de Kim Jong-Un, Alexander Perjessy, analyste chez l’agence de notation Moody’s, a estimé qu’un tel conflit pourrait causer des dégâts au niveau économique dans le monde entier.

En particulier, le cours du pétrole pourrait exploser, l’Iran détenant 10% des réserves mondiales : le baril de Brent a d’ailleurs dépassé les 70 dollars en Bourse après les diverses menaces, du jamais vu depuis septembre 2016. L’or, valeur refuge par excellence, a grimpé de 7% en quelques jours seulement. « Un conflit de longue durée aurait potentiellement des répercussions globales », écrit l’analyste dans une note aux clients de Moody’s diffusée lundi 6 janvier 2020.


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