Hausse du SMIC : la CGT insatisfaite

La CGT revendique le passage du SMIC à 1 700 euros bruts par mois pour
relancer la consommation.

Le gouvernement vient d'annoncer une hausse du salaire minimum interprofessionnel de croissance de 2 % le portant à 1425,67 euros bruts mensuels, c'est-à-dire avec les cotisations sociales versées à notre système de protection sociale. Même si nous savons que c'est le premier coup de pouce depuis 6 ans, cette faible hausse qui n'est en fait que de 0,6 %, puisque 1,4 % est en fait la traduction dans le salaire minimum de l'inflation c'est à dire de la hausse des prix, ne nous satisfait pas.

Pour notre part à la CGT nous revendiquons un SMIC à 1700 euros bruts car cela contribuera à relancer la consommation, redonner confiance aux salariés et donc sera bénéfique pour notre
économie. Je rappelle que le code du travail stipule que le SMIC assure aux salariés dont les rémunérations sont les plus faibles la garantie de leur pouvoir d'achat et une participation au
développement économique de la Nation.

En 2010 la moitié des salariés à temps plein touchent moins de 1675 euros nets, les 10 % les moins bien payés touchent moins de 1142 euros nets : C' est une situation inacceptable qui voit perdurer des inégalités femme/homme puisqu'en moyenne elles touchent 19,7 % de moins. La question des salaires est une question économique et sociale centrale.

Nous demandons des négociations rapidement dans les branches professionnelles et dans la fonction publique afin de permettre une augmentation des salaires qui prenne en compte les déroulements de carrière, les qualifications acquises et aussi la suppression de la précarité. Pour répondre à la crise et allier économique et social il va donc falloir d'autres politiques salariales et renforcer le pouvoir d'achat des 22 millions de salariés car sans cette évolution l'économie ne pourra évoluer positivement.

Cette question est aussi européenne et il est donc logique dans de très nombreux pays comme en Allemagne que la question de la création de salaire minimum et les questions salariales soient au cœur des débats.

Face à l'austérité généralisée et aux reculs sociaux l'avenir est dans des approches différentes permettant à tous de vivre décemment de son travail.


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Pascal Debay

Membre de la commission exécutive confédérale de la CGT en charge des questions salariales et secrétaire général de l'union départementale CGT en Meurthe et Moselle.  Educateur spécialisé, âgé de 39 ans.