Crise. Le président de la banque centrale allemande veut vite des hausses de taux !

0,50 %
La FED a augmenté, en mars 2022, ses taux directeurs de 0,25% à 0,50%.

Joachim Nagel est le président de la Banque fédérale d’Allemagne, la Bundesbank et classiquement c’est un « faucon », comprenez par là un partisan de la ligne dure dans la lutte contre l’inflation.

C’est dans cette optique quasi-idéologique et religieuse en Allemagne qu’il préconise une hausse des taux en juillet.

« Alors que l’inflation dans la zone euro continue d’être élevée, nous devons agir », a martelé le président de la Bundesbank, dans un discours prononcé lors d’un colloque de l’institution, connue pour prôner une politique monétaire plus restrictive.

A cette fin, le banquier central allemand s’attend à ce que « les achats nets (de dette) soient interrompus fin juin », avant « une première étape de normalisation des taux d’intérêt de la BCE en juillet » si les données et prévisions publiées en juin se confirment. »

« Retarder un retournement de politique monétaire est une stratégie risquée », prévient-il, car « plus les pressions inflationnistes se propagent, plus la nécessité d’une hausse très forte et brutale des taux d’intérêt est grande. » Ces pressions sur les prix, en particulier ceux de l’énergie, ont été accentuées avec « l’invasion russe de l’Ukraine », a-t-il remarqué.

Sortir des taux négatifs !

En effet les taux à ce jour sont toujours négatifs puisque les banques sont toujours soumises au taux négatifs de -0,50 % appliqué aux dépôts des banques dormant à la banque centrale… Les taux vont donc non seulement poursuivre leur remontée, mais cette hausse va s’amplifier probablement en Europe même si un décalage de 6 mois avec les mouvements de la FED est assez prévisible.

Pourtant, au-delà de ces luttes intestines entre membres colombes et faucons au sein de la BCE, la véritable question à se poser est la suivante.

Les hausses de taux peuvent-elles nous permettre de lutter contre l’inflation et plus précisément contre ce type d’inflation.

Que peuvent réellement les politiques monétaires contre une inflation liée à une guerre et à des pénuries ?

Peut-on dire que les hausses de taux ne serviront probablement à rien ?

Parce que c’est ce je pense.

Nous sommes confrontés à une situation très simple en réalité.

Les politiques monétaires agissent sur l’offre de monnaie ! Pas sur l’offre physique.

Quand vous interdisez l’importation de pétrole russe les prix du pétrole augmentent. Simple.

Quand vous fermez toutes vos usines dans la moitié de la Chine pour mener une politique de 0 Covid alors les prix de tout augmentent, puisqu’il n’y a plus rien à vendre.

Dans un tel contexte les prix de ce qui reste s’envolent.

Vous pouvez monter les taux jusqu’au ciel, ce n’est pas cela qui fera baisser l’inflation, surtout que vous ne pouvez pas monter les taux jusqu’au ciel et que largement avant vous déclencherez une insolvabilité généralisée.

S’attaquer aux facteurs de l’inflation !

Si vous voulez faire baisser l’inflation il faut s’attaquer à ses causes.

Les causes sont simples et identifiées.

Vous avez la guerre en Ukraine et toutes les conséquences des sanctions prises par l’Occident qui se tire une balle dans le pied voire plusieurs.

Vous avez la politique sanitaire ahurissante du 0 Covid en Chine qui ferme toutes les usines.

Ouvrez les usines chinoises et les vannes du pétrole russe (et du gaz) et alors vous obtiendrez une baisse très significative de l’inflation en quelques mois.

Je vous le dis autrement.

Les banques centrales ne maîtriseront jamais l’inflation avec des hausses de taux parce que ce n’est pas du tout le problème.

Le problème c’est de faire la paix entre l’Est et l’Ouest, entre l’axe sino-russe et l’axe américano-européen.

Tout le reste c’est du vent, du vent qui va créer une terrible tempête économique et une énorme récession.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.