Budget 2014 : 15 milliards d'économies et 3 milliards d'impôts nouveaux… qui coûteront bien 18 milliards aux contribuables

Le déficit du budget de l'Etat sera de 82 milliards d'euros en 2014.
Si tout se passe "bien"...

Le gouvernement a présenté ce matin sa copie pour le budget 2014, qui prévoit un déficit de 82,2 miliards d'euros et s'intitule "Cap sur la croissance et l'emploi". Avec en trame de fonds la fameuse Marianne inspirée par la Femen Inna Shevchenko, et qui avait déclenché la polémique quand elle fût choisie pour illustrer des timbres de la Poste. Aujourd'hui, c'est la couverture du Budget de la France.... Passons.

Le projet de Budget 2014 vise de ramener le déficit public à 3,6 % diu PIB, ce qui était initialement le projet pour 2013, qui finira finalement l'année à 4,1 ou 4,2 % de déficit. Pour y arriver, le Budget 2014 ne prévoit officiellement "que" 3 milliards d'impôts nouveaux, dont la hausse de la TVA, contre 15 milliards d'économies. Mais dans les faits, ces économies vont toucher aussi le porte-monnaie des Français, directement, comme un impôt inversé, du fait d'une moindre redistribution. Nombre de mesures annoncées ce matin étaient déja connues, comme par exemple le quotient familial réduit de 2000 à 1500 euros, qui pénalisera particuliérement les familles avec enfants, et en particuliers les familles nombreuses, une mesure dénoncée par les associations familliales. Même chose pour la suppression de la réduction d'impôt sur les frais de scolarité, qui coûtera aux contribuables avec enfants 440 millions d'euros. Ou encore la fiscalisation des pensions des parents de trois enfants et plus, qui rapportera 1,2 milliard d'euros à l'Etat. Tir groupé sur les familles incontestable.

Un budget qui matraque fiscalement les foyers avec enfants

Mais d'autres mesures innatendues viennent s'y ajouter ce matin. Ainsi, la modification des règles du bonus-malus automobile coûtera 230 millions d'euros aux foyers qui devront changer de voiture en 2013, et payeront soit un malus plus élevé, ou obtiendront un bonus moindre. Inutile de préciser que les monospaces et autres breaks 7 places ne sont jamais classés dans la catégorie des véhicules avec bonus à la clef, puisque la régle de calcul du C02/kilomètre ne tient pas compte du nombre de places du véhicules... De même, la non indexation des aides aux logements permettra de faire économiser 177 millions d'euros à l'Etat, autant de moins dans la poche des ménages qui en ont besoin pour payer leur loyer ou leurs mensualités d'emprunt. Avec les étudiants, ce sont les familles avec enfants qui sont les premières bénéficiaires des APL. Fixation ? 

Autre mesure annoncée ce matin dont on savait déjà qu'elle était dans les tuyaux, la hausse des droits de mutation, pasant de 3,8 à 4,5%. Dans les faits, ce sont les conseils généraux qui seront autorisés à modifier le taux, mais comme toutes les collectivités sont à la recherche de ressources financières, il serait étonnant qu'elles ne se jettent pas toutes sur l'aubaine. A suivre. Curieusement pourtant, la mesure est limitée dans le temps. Les droits de mutation reviendront en théorie à 3,8 % en mars 2016. Sauf si d'ici là....

Budget 2014 : pas de pain et un peu de jeux

Pour tenter de détourner l'attention des contribuables de ces 18 milliards d'impôts directs ou indirects supplémentaires, le gouvernement a glissé quelques douceurs dans le projet de budget, sur l'air du "Panem et circenses". A défaut de distribution de pain, la sortie mensuelle au cinéma coûtera en théorie un petit peu moins cher (quelques centimes, si les exploitants de salles jouent le jeu), grâce à une baisse de la TVA sur les billets de cinéma de 7 à 5 %, au lieu de la hausse prévue à 10 %. Rappelons tout de même que les billets de cinéma étaient imposés à ... 5,5 % l'an dernier encore.  Autre mesure connue et confirmée, l'abattement exceptionnel de 25 % sur les plus-values en cas de cession d'un bien immobilier. La mesure est effective au 1er septembre 2013, et court jusqu'au 31 décembre 2014.

En définitive, le projet de budget 2014 ne s'éloigne que très peu de ce qui avait fuité dans la presse ces dernières semaines. Mais c'est désormais le Parlement qui va plancher dessus, et certainement, le faire évoluer. A quelques mois des élections municipales, il y a fort à parier que nombre de députés-maires de la majorité seront sensibles aux récriminations de leurs électeurs...


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Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.

Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. 

En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.

Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.

En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. 

Il a également été éditorialiste économique sur SUD RADIO de 2016 à 2018.

 

Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).