Fiscalité : 1 centime de taxe sur le gazole rapporte... 350 millions par an à l Etat

La différence de taxes entre le diesel et l'essence est de 20
centimes, soit 6 milliards d'euros de manque à gagner pour l'Etat par
an… Tentant !

 On en parle on en parle, et un jour... Ca va arriver. Le diesel bénéficie depuis des décennies d'un avantage fiscal sur le supercarburant (lire "le coup du diesel"). Aujourd'hui, entre la TICPE, la taxe intérieure sur les produits pétroliers, inférieure de 17 centimes, et la TVA, de facto, inférieure de 3 centimes, le diesel "coûte" 6 milliards par an à l'Etat. Présenté autrement, les automobilistes qui roulent à l'essence (20 % du carburant vendu en France, 40 % des véhicules) sont surtaxés par rapport aux dieselistes et financent une partie de leurs pleins de gasoil. 8 voitures sur 10 vendues en France en 2012 étaient des diesels.

Mais cela va changer car donc, l'Etat a besoin de trouver de l'argent partout et par tous les moyens, d'autant que le CICE, le Crédit Impôt Compétitivité et Emploi devait être en partie financé par une hausse des taxes sur le carburant... et donc le diesel. Par ailleurs,  le diesel, nul ne le conteste désormais, est nettement plus polluant que le supercarburant. Une fiscalité "verte" va donc être instaurée, et taxer tout ce qui n'est pas vertueux.

Seulement voilà : le diesel est la matière première de tout un tas de métiers qui vivent du transport de biens ou de personnes. Et évidemment, râlent à l'idée d'être taxés plus sur le carburant. Résultat, ca défile à Bercy pour demander le maitien des éxonérations dont ces secteurs bénéficient, et donc, leur extension à la hausse des taxes quand elle surviendra. On pense bien sûr aux taxis, ambulances, mais il y a aussi les pêcheurs, les agriculteurs, et bien entendu tous les transports routiers tant de marchandises que de personnes.

Le Comité pour la fiscalité écologique qui s'est déjà prononcé à plusieurs reprises pour une hausse des taxes sur le diesel doit voter solenellement sur le sujet le 27 mars prochain, et doner un avis définitif à la mi-juin. 

D'ici là, les dieselistes peuvent en théorie encore roûler tranquille ! Et sans doute aussi pendant les vacances d'été, car une hausse des taxes juste avant les vacances serait abominablement impopulaire...


A découvrir

Jean-Baptiste Giraud

Jean-Baptiste Giraud est le fondateur et directeur de la rédaction d'Economie Matin. Il est également intervieweur économique sur RTL dans RTL Grand Soir (en semaine, 22h17) depuis 2016.

Jean-Baptiste Giraud a commencé sa carrière comme journaliste reporter à Radio France, puis a passé neuf ans à BFM comme reporter, matinalier, chroniqueur et intervieweur. En parallèle, il était également journaliste pour TF1, où il réalisait des reportages et des programmes courts diffusés en prime-time. 

En 2004, il fonde Economie Matin, qui devient le premier hebdomadaire économique français. Celui-ci atteint une diffusion de 600.000 exemplaires (OJD) en juin 2006. Un fonds economique espagnol prendra le contrôle de l'hebdomadaire en 2007.

Après avoir créé dans la foulée plusieurs entreprises (Versailles Events, Versailles+Les Editions Digitales), Jean-Baptiste Giraud a participé en 2010/2011 au lancement du pure player Atlantico, dont il est resté rédacteur en chef pendant un an.

En 2012, soliicité par un investisseur pour créer un pure-player économique,  il décide de relancer EconomieMatin sur Internet  avec les investisseurs historiques du premier tour de Economie Matin, version papier. 

Il a également été éditorialiste économique sur SUD RADIO de 2016 à 2018.

 

Jean-Baptiste Giraud est également l'auteur de nombreux ouvrages, dont notamment "Combien ça coute, combien ça rapporte" (Eyrolles), "Les grands esprits ont toujours tort", "Pourquoi les rayures ont-elles des zèbres", "Pourquoi les bois ont-ils des cerfs", "Histoires bêtes" (Editions du Moment) ainsi que "le Guide des bécébranchés" (L'Archipel).