PEE : Magic Hollande "soigne" le pouvoir d'achat des Français en les autorisant à puiser dans leur épargne

Cette mesure consiste à autoriser environ 4 millions de Français
concernés, à casser leur tirelire PEE avant l'échéance et à dépenser
20 000 € au maximum dans des biens de consommation ou des services
sans plus de pénalités fiscales que la TVA.

Trop fort : Magic Hollande «soigne» le pouvoir d'achat des Français en les autorisant pendant 6 mois, à puiser dans leurs économies ! Afin de «libérer du pouvoir d'achat et relancer la consommation » François Hollande débloque. Depuis ce lundi 1er juillet, la boîte à outils présidentielle est opérationnelle et à entendre son auguste propriétaire, l'économie est ainsi placée sur la voie de la rédemption. De quoi s'agit-il ? Qui est concerné ? Quel sera l'impact de cette mesure ? Et pourquoi personnellement, je ne toucherai pas à mon PEE ?

Le Plan d'Épargne Entreprises (PEE) associe les salariés aux résultats de leur entreprise qui les aide à se constituer une épargne sous la forme d'un portefeuille de valeurs mobilières. Bloquées pendant 5 ans minimum, les sommes détenues proviennent de la participation et de l'intéressement, augmentés des versements volontaires des salariés et de l'éventuel abondement de l'entreprise.

Ce nouveau tour de passe-passe du gouvernement consiste à autoriser environ 4 millions de Français concernés, à casser leur tirelire PEE avant l'échéance et à dépenser 20 000 € au maximum dans des biens de consommation ou des services sans plus de pénalités fiscales que la TVA qui grèvera leurs achats.
Et pas question de s'en servir pour rembourser un crédit, non : vous pourrez acheter une voiture, un canapé ou une cuisine ou bien payer des travaux mais en ce cas, gardez précieusement les factures qui peuvent être exigées par Bercy ! Gavé d'écrans plats ou d'iPhones et assis dans votre véhicule au lithium, ne venez pas pleurer vous trouvant fort dépourvus quand la bise...

L'impact de la mesure sur la consommation sera négligeable, de l'ordre de 1/1000ème du PIB selon l'économiste Emmanuel Lechypre. Et le bénéfice sur l'économie en général quasi nul : du vent, de la fumée, un effet d'annonce une fois de plus !

Pourquoi je ne toucherai pas à mon PEE ?


Il est avant tout et par essence une épargne de précaution destinée à faciliter des dépenses futures importantes et difficilement supportables : apport initial pour l'achat d'un logement, études des enfants... Il sert aussi à parer des coups durs (licenciement, divorce, invalidité, décès...), à financer des évènements heureux (naissance, mariage...).

- Le PEE a pour objectif de favoriser la croissance par l'investissement créateur de richesses, non d'appauvrir son détenteur. «Il n'y a rien de plus beau qu'une entreprise car c'est l'endroit où on crée de la richesse, où on crée des emplois, où on intègre des jeunes, des minorités, des compétences, où on donne de la dignité humaine par le travail. » rappelle Pierre Gattaz, futur patron du MEDEF. Certes, selon «le Monde» si votre PEE est constitué d'actions de la société qui vous emploie, il faut attendre qu'un accord au sein de l'entreprise soit signé pour en demander le déblocage. Mais à l'heure où on enregistre 1000 chômeurs de plus par jour, les PEE sauvegardent les entreprises en participant à leurs financements, en stimulant l'embauche et à long terme la relance d'une économie moribonde.


- «Il n'y aura pas d'augmentation d'impôts en 2014» certifie François Hollande. Pas de nouvel impôt mais plus d'impôts, précise Pierre Moscovici. Ne soyons pas dupes : c'est une manière pour lui de lever la taxe sur les achats, 20 000 € investis dans le commerce rapportant 4000 € de TVA à l'Etat.


- Au nom de ma liberté individuelle, je refuse de soumettre aux contrôleurs de Bercy les tickets de caisse de mes achats réalisés avec mes économies.


- Pas de chance, ce déblocage exceptionnel du PEE ne peut légalement alimenter des placements dans un fond solidaire ou un PERCO. De plus, François Hollande désireux de ne pas s'aliéner son électorat évite soigneusement le rapprochement entre le traitement du public et du privé, décrétant que «La réforme des régimes spéciaux de retraite a été faite» et qu'il y avait «déjà eu un rapprochement» entre les retraites des secteurs public et privé sous Nicolas Sarkozy. Et pourtant, rien que l'alignement public-privé ferait économiser 13 Milliards par an ! Au train où vont les choses, plutôt que de dépenser, je préfèrerais mettre mes économies dans un complément retraite, de préférence déductible de mes revenus comme le PREFON des fonctionnaires.

- Les PEE placés en bourse entre 2008 et fin 2012 ont perdu de leur valeur. Il y a 5 ans exactement, le 1er juillet 2008, le CAC 40 était à 4.500/4.550 points et aujourd'hui, il frise les 3700 points. Il est donc urgent d'attendre une embellie plus qu'hypothétique dans les 6 mois ! De toute façon, le président n'aime pas la finance sauf pour ses petites affaires personnelles évidemment.

- Et pour finir, je ne débloquerai pas ma participation tout simplement parce que... comme 9 actifs sur 10 en France, je n'en ai pas ! Selon les données du ministère du travail, participation, intéressement et épargne salariale sont concentrés dans les grandes entreprises et dans certains secteurs d'activité (énergie, activités financières et assurance). 87 % des salariés ayant accès à au moins un de ces dispositifs sont employés par des entreprises de 50 salariés ou plus, soit moins de 1% du tissu industriel français selon l'INSEE. La belle affaire !

L'épargne des Français, ce n'est pas de l'argent de poche

Au détour de la déclaration de patrimoine des ministres socialistes, on a constaté qu'aucun membre du gouvernement à l'exception de Laurent Fabius, ne possédait de parts dans une entreprise. Le «risque» quand il est personnel n'est pas la tasse de thé des socialistes. Heureusement que les particuliers moins frileux acceptent bon an mal an de payer une taxation exorbitante en cas de rendement et inversement de perdre des capitaux.

En conclusion, le gouvernement autorise royalement des salariés chanceux à utiliser l'argent qu'ils ont gagné. Voilà bien une nouvelle mesure conforme à l'idéologie des socialistes et à leur politique keynésienne. Quand accepteront-ils, comme le dit si bien Pierre Gattaz qu'il ne faut pas esquinter mais sanctuariser l'entreprise en France ? Quand finiront-ils par comprendre ces oligarques privilégiés que l'épargne des Français, ce n'est pas de l'argent de poche ? Quand cesseront-ils de nous prendre pour des imbéciles ?
Plutôt que de s'attaquer sérieusement aux gaspillages, ils ont tellement besoin d'argent pour leurs danseuses que la prochaine étape du matraquage des contribuables sera probablement l'emprunt forcé.

©Calculette pour revolte.exprimetoi.com