Temporisation des États-Unis : lueur d'espoir pour Huawei ?

42,4 %
Huawei détient 42,4% du marché chinois.

Huawei se retrouve au beau milieu d’une guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine. Pour rappel, le 22 mai dernier, Google a ainsi décidé de priver les futurs téléphones chinois de l'accès à Android, son plus célèbre système d'exploitation. En effet, les États-Unis perçoivent Huawei comme une menace à la sécurité nationale. Cependant, iront-ils au bout de leurs intentions ? Et est-ce que le constructeur mobile chinois pourra confirmer sa place de numéro deux mondial des ventes de smartphones ?

Un nouveau sursis accordé

Huawei vient d’obtenir un nouveau sursis de 90 jours pour pouvoir travailler avec des entreprises américaines, ramenant la date de bannissement au 18 février 2020. C’est déjà la troisième fois que le gouvernement de Donald Trump accorde un répit au constructeur chinois depuis le mois de mai. Cela s’explique par le fait que de nombreux opérateurs américains sont très dépendants des équipements réseau de Huawei. Néanmoins, la FCC (Federal Communications Commission) interdit désormais à ces derniers d’acheter des équipements pour le déploiement de leur infrastructure de communication avec des fonds d’aide pesant 8,5 milliards de dollars. Cette mesure annoncée depuis quelques semaines attendait la validation du conseil d’administration de l’agence, validée en fin de semaine dernière après un vote à l’unanimité. La décision oblige donc les opérateurs à remplacer leurs équipements Huawei actuels achetés avec des fonds fédéraux.

Des ventes trimestrielles qui bondissent 

Il est bien difficile d'observer les effets du boycott américain. Huawei a surpris tout le monde au troisième trimestre en vendant 66 millions d’appareils (+29%), s’appropriant ainsi 18,2% des parts de marché malgré les sanctions de Washington. L’entreprise chinoise a gagné du terrain sur son marché national et confirme donc sa deuxième place au niveau mondial, selon Strategy Analytics. En Chine, Huawei profite du patriotisme économique alimenté par les attaques de l'administration Trump. Il a ainsi enregistré une progression de ses ventes de 66% sur la période et détient désormais 42,4% du marché, contre 24,9% il y a un an, selon les chiffres de Canalys. Pour autant, le premier modèle sans les applications Google (mais qui embarque une version open source d'Android : le Mate 30), n'a été lancé que le 19 septembre dernier.

HarmonyOS : système d’exploitation made in Huawei

Précédemment baptisé HongMengOS, HarmonyOS se veut applicable pour différentes plateformes (smartphones, tablettes, objets connectés). L’OS sera toujours basé sur Android, en utilisant la version publique du système d’exploitation américain, Open Source d’Android. Toutefois, l’accès au PlayStore ne sera plus possible, d’où la création par Huawei de son propre marché d’applications. Par le passé, on a pu voir que BlackBerry et son OS ont été un échec notamment dû au faible nombre de contributeurs sur leur marché d’applications. Ceci ne sera pas le cas pour Huawei qui peut compter sur une communauté active. 

Pour l’heure, la direction de Huawei, ayant obtenu une prolongation de son droit d’utiliser Android, garde espoir sur une levée des sanctions. Le groupe n’a donc toujours pas annoncé quel smartphone sera concerné par leur nouveau système d’exploitation. Quoiqu’il arrive, quelle que soit la décision des États-Unis, HarmonyOS devrait être lancé en Chine dès 2020, bien que pour le moment il reste incertain qu’il voit véritablement le jour en Europe, hormis peut-être pour les appareils connectés.


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