Il faut renouveler les énergies renouvelables

10 millions
10 millions de Français souffrent de la précarité énergétique.

L’actualité nous apporte de mauvaises nouvelles avec les grandes difficultés de Sillia, placée en dépôt de bilan. Cette usine avait repris l’unité panneaux solaires de Bosch en 2014, alors déjà que de gros nuages planaient sur cette activité.

La filière Bosch panneaux solaires a compté jusqu’à 3000 employés entre France et Allemagne.  On ne parlait que de la création de milliers d’emplois dans cette filière maison n’a vu que des mirages depuis 2013. . Aujourd’hui encore 200 emplois viennent de disparaitre.Le marché est détruit par des importations massives de panneaux chinois à prix cassé.

Le paradoxe est que nous avons subventionné à prix d’or une filière pour qu’elle permette finalement d’importer en masse des produits étrangers qui suppriment chez nous des emplois. C’est vraiment raté !.. 90% des éoliennes sont de marque étrangère.

Pour une fois, les experts économiques avaient prédit cet échec depuis plusieurs années. L’audit du Gouvernement britannique prévoit un trou de 200 milliards sur 10 ans et sans résultat. L’institut économique allemand IFO, très écouté par les entreprises, prévoit que cette  filière subventionnée n’atteindra jamais de performances industrielles et que la totalité de ses emplois vont disparaitre. Des milliers de familles sont ruinées par ce même problème en Espagne. Il faut reconnaitre avec le dépot de bilan de Bosch Silla que ces prédictions se vérifient une fois de plus.

Les tarifs subventionnés d’achat du solaire sont restés de trois à dix fois le prix supporté par le consommateur. Alors que 10 millions de Français souffrent de la précarité énergétique, nous avons manqué de vigilance dans cette expérience.  La Cour des Comptes et la Commission de régulation de l’Energie le répètent depuis 4 ans. Le consommateur et l’Etat n’ont plus les moyens de subventionner une énergie toujours aussi médiocre après 10 ans d’efforts.

D’autre part, de vraies recherches aboutissent à une deuxième génération d’énergies renouvelables beaucoup plus performantes et réellement industrielles, tant en performances qu’en coût final et en préservation de l’environnement. Michelin a mis en service la première pile à combustibles industrielle à Karlsruhe depuis une dizaine d'années. L'Air Liquide développe les partenariats avec les constructeurs automobiles pour des voitures électriques autonomes sans batterie à composant actif.  Rolls Royce a mis au point les derniers composants actifs des fuel cells et prévoit une accélération de son développement aux USA dès 2017. Contrairement aux idées reçues, le bilan carbone des énergies renouvelables actuelles n’est pas bon. Ces nouveaux composants fonctionnent en permanence et ne sont pas intermittents et aléatoires comme l'éolien ou le solaire. On passe enfin à une dimension professionnelle après les manipulations financières et les circuits opaques avec les milieux politiques.

L’énergie performante est à la base de toute économie compétitive. Deux pistes émergent : d’une part la filière hydrogène, née à la Conférence de Kyoto, et dont les développements sur la pile à combustible arrivent enfin sur le marché avec des équipements qui fonctionnent en permanence, contrairement au solaire ou à l’éolien, et valables pour pour le transport, l’habitat et l’énergie. Près de 35 entreprises participent déjà au développement de l’AFHYPAC. Le pôle de compétitivité Tenerrdis, basé à Grenoble, développe 6 filières simultanément avec une grande efficacité. Le projet Energy Observer va démontrer par un tour du monde sans émission de CO2 l’excellence de ces nouvelles technologies de piles à combustible, des éoliennes de deuxième génération à base de turbines, et du stockage de l’énergie.


A découvrir

Ludovic Grangeon

Ludovic Grangeon a été partenaire de plusieurs réseaux d’expertise en management et innovation sociale de l'entreprise. Il milite à présent pour le développement local et l’équilibre des territoires au sein de différentes associations. Il a créé en grande école et auprès des universités  plusieurs axes d’étude, de recherche et d’action dans le domaine de l’économie sociale, de la stratégie d’entreprise et des nouvelles technologies. Il a également été chef de mission et président de groupe de travail de normalisation au sein du comité stratégique national Afnor management et services. Il a participé régulièrement aux Journées nationales de l’Economie, intervenant et animateur.

Son activité professionnelle a été exercée dans l'aménagement du territoire, les collectivités locales, en France et auprès de gouvernements étrangers, à la Caisse des Dépôts et Consignations, dans le capital risque, l’énergie, les systèmes d’information, la protection sociale et la retraite.