Et si l'immobilier montait encore longtemps

Il est vite évident que nous sommes dans une méga-giga-bulle
immobilière.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Charles, tu n’y penses pas, il y a une bulle immobilière.

L’immobilier Charles, l’État peut le taxer encore et toujours.

Tu penses Charles, avec tous les « vieux » qui vont casser leur pipe, les prix de l’immobilier vont se casser la figure…

Oui, je sais tout cela, je connais tous les graphiques dont le « célèbre » tunnel de Friggit… C’est en gros les prix rapportés aux revenus des gens… si l’on regarde uniquement cet indicateur, il est vite évident que nous sommes dans une méga-giga-bulle immobilière.

Et pourtant… cela continue à monter ! Pourquoi cette satanée bulle gonfle, gonfle, encore et encore et ne veut-elle pas exploser ?

Sacrée question n’est-ce pas ?

C’est à cette question que j’ai voulu apporter quelques éléments de réponse dans la vidéo du vrai JT de l’éco de la semaine.

Certes les prix sont très élevés, et l’on voit bien les arguments qui plaident pour la baisse comme par exemple les revenus, la fiscalité, le chômage, la crise économique, ou encore la démographie, mais on voit nettement moins les arguments en faveur d’une hausse.

Avant de placer ses sous dans un sens ou dans un autre, avant de pouvoir se forger un avis le plus éclairé possible, il est donc important de regarder des deux côtés. C’est de cet effort intellectuel que naîtront les meilleures décisions.

La démographie

La démographie est un vrai sujet évidemment. Imaginez que tous les héritiers ne vendent pas les biens dont ils vont hériter ?

Imaginez que seulement 1 % de ce qu’il y a sur l’assurance-vie se reporte sur le marché immo chaque année, cela fera en gros 10 % de transactions en plus. Largement de quoi absorber les ventes des seniors en tous cas pendant 10 ans.

Les obsolescences

Imaginez que l’immobilier « tendance » de demain ne soit pas celui d’aujourd’hui. Imaginez que vous trouvez Paris cher, et le centre des villes, des grandes villes particulièrement chers, je vous dirais d’accord.

Mais mais par rapport à quoi ?

Le coût de transport explose !!!

Soit vous habitez près, soit vous payez le fait d’être loin ! Quel est la limite de la hausse si les prix de l’énergie explosent ?

Quel est le prix du m² en centre ville le jour où le litre d’essence est à 5 euros et où cela vous coûte 1.500 euros par mois de carburant ? (je sais peut-être que j’exagère, mais c’est l’idée…).

Il peut sembler finalement logique que le prix du m² soit lié aussi aux coûts de transport.

Et si la ville était obsolète ?

Inversement, imaginons que demain, tous les salariés soient en télétravail (ou presque). Quel intérêt d’habiter proche ou dans les grandes villes avec un coût exorbitant. Autant s’installer en province, à la campagne. Les prix monteraient là-bas alors que les niveaux actuels sont bas et baisseraient à Paris par exemple où les prix sont stratosphériques.

Savez-vous avec certitude ce qu’il va se passer ?

Personne ne sait ce qu’il va se passer. Nous pouvons faire des hypothèses. Au mieux.

Nous sommes dans un monde VICA. Volatil, Incertain, Complexe et Ambigu.

Bref, soyons modestes et humbles, c’est un sujet d’une énorme complexité et la bulle ne se prouve pas avec un ou deux graphique mais une analyse plus complexe. Le courage c’est de regarder aussi les éléments d’une hausse potentielle.

Attention, je ne dis pas que j’ai raison, je ne dis pas qu’il n’y a pas de bulle, je dis que pour le moment je ne vois pas pourquoi les prix devraient baisser !

J’ai également quelques convictions personnelles, et je pense, que la bulle immobilière, réelle si le contexte économique était normal, mais avec des taux négatifs nous ne vivons plus dans un monde normal, n’explosera pas dans nos monnaies actuelles.

J’ai acquis la conviction que la bulle immobilière n’explosera pas, mais que de nouveaux prix émergeront après l’immense crise monétaire vers laquelle nous allons.

Il y a donc une hypothèse, ou les prix de l’immobilier monteront bien jusqu’au ciel. Et puis, brutalement, un jour, on changera d’univers, on changera de cieux, et nous aurons une nouvelle monnaie.

C’est une conviction. C’est la mienne, ce n’est pas la vérité. À chacune et chacun de vous de vous forger votre propre opinion. Modestement, je vais essayer dans cette vidéo de vous donner quelques pistes pour alimenter votre réflexion.

N’hésitez pas à commenter, à partager et à échanger entre vous pour enrichir les pensées de notre petite communauté.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae.


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.