Inflation : les prix de l'habillement pourraient augmenter jusqu'à 10% en 2022

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9% des marques et enseignes interrogées prévoient une hausse de leurs
prix allant de 5% à 10% en 2022

La hausse des prix des matières premières pour l’industrie du textile, ainsi que la hausse des prix de fret, pourraient avoir un impact, en 2022, sur les prix du secteur de l’habillement.

Une forte hausse des matières premières

Dans une étude de l’Institut Français de la Mode, sur 100 marques et enseignes interrogées, 58 prévoient une hausse de leurs prix de 0 à 10% en 2022. 49% prévoient une hausse de moins de 5%, tandis que 9% prévoient une hausse comprise entre 5% et 10%. 34% des professionnels du secteur de l’habillement pensent, en revanche, garder leurs prix stables malgré la hausse du prix des matières premières et du fret.

En un an, le prix du coton, qui représente 20% du coût d’un jean, a bondi de 47% en seulement un an, atteignant ainsi un prix record depuis 2011. Le prix de la laine a également augmenté de 43%. Le prix du pétrole, très utile pour l’industrie du textile, notamment pour la fabrication de fibres synthétiques, a quant à lui vu son prix augmenter de 82% entre 2020 et 2021. La hausse du prix du fret maritime joue également un rôle dans l’augmentation des prix du secteur de l’habillement. En effet, les prix à l’importation au niveau mondial pourraient bondir de 11% selon les prévisions de la Conférence des Nations unies pour le développement.

Trouver de nouvelles stratégies

Avec la hausse des prix des matières premières et du transport maritime, le secteur de l’habillement pense à revoir ses lieux d’approvisionnement. L’Asie, qui représentait près de 70% des importations en Europe du secteur, perd le marché face au Maroc, à la Tunisie ou à la Turquie, où les Européens préfèrent désormais s’approvisionner. « Si cela reste moins cher de s'approvisionner en Asie, les distributeurs ont conscience qu'en se tournant vers le sud de l'Europe, ils prennent moins de risque : ils peuvent passer leurs commandes moins longtemps à l'avance et ainsi mieux évaluer le nombre de pièces nécessaires et éviter de se retrouver avec des invendus », explique Gildas Minvielle, directeur de l’observatoire économique de l’Institut Français de la Mode.

Si cela semble être la meilleure solution à court terme pour permettre au secteur de l’habillement de faire face aux difficultés rencontrées, il ne s’agit peut-être pas de la meilleure solution à long terme. Si l’inflation est temporaire, comme le prévoit la Banque Centrale Européenne, le choix des professionnels de l’habillement de changer de lieux d’approvisionnement obligerait les prix à rester haut. Pour Gildas Minvielle, « une fois qu'ils ont augmenté, la hausse est entérinée et c'est difficile de revenir en arrière ».


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