L'inflation est le prix à payer pour combattre Poutine pour le Vice-Premier ministre des Pays-Bas

3,6 %
L'inflation en France en février 2022 a atteint 3,6%.

Le dossier du mois de Février intitulé « Comment augmenter son pouvoir d’achat quand celui de tous les autres baisse » est en ligne dans vos espaces lecteurs ici. Pour vous abonner à la Lettre Stratégies et avoir accès à tous les dossiers c’est là.

Ce qu’il y a d’extraordinaire dans le monde d’Ubu dans lequel nous vivons c’est tout de même nos arrangements avec la réalité et les évènements.

Nous atteignons des degrés que je pensais impossibles.

Il faut dire que nous avons désormais la moitié de notre population qui est biberonnée depuis sa naissance aux chaînes d’informations en direct qui sont la négation même de la prise de recul et de l’analyse et aux émoticônes.

Nous réduisons toutes les pensées uniquement à des émotions qui nous submergent.

Encore une fois, les bons sentiments font rarement les bonnes politiques mais participent sérieusement aux manipulations efficaces.

L’inflation a commencé bien avant Poutine !

L’inflation nous touche depuis maintenant une grosse année, et cela n’a rien à voir avec l’attaque de Poutine sur l’Ukraine.

Cela a plutôt tout avoir avec notamment la volonté de la Chine de rééquilibrer le partage de la valeur ajoutée sur la chaîne complète de valeur d’un produit. Aujourd’hui ce qui est produit à 1 euro en Chine est vendu à 100 euros en France. C’est le cas par exemple des montures de lunettes. La pollution est en Chine, les usines sont en Chine bref, c’est la Chine qui fait tout le travail, mais s’il y a 99 euros pour la France il n’y aura « que » 1 euro pour la Chine. C’est la même chose pour les smartphones ! C’est ce réajustement de la répartition de la valeur qui alimente considérablement l’inflation actuelle.

Je vous en ai déjà parlé à de multiples reprises, il y a plusieurs facteurs à l’inflation, mais jusqu’à présent Poutine n’y était pour rien.

La guerre contre la Russie va nous coûter très cher !

Lorsque j’entends tous les va-t’en guerre je suis toujours très inquiet. D’ailleurs, c’est la première fois que nous sommes aussi « partants  » pour une guerre et aussi peu « nuancés ».

Personne pour noter que partir en guerre contre Saddam Hussein était tout de même moins risqué que d’aller affronter la Russie de Poutine aussi méchant que soit ce dernier.

Un sain réflexe de survie de base devrait tout de même nous inciter à un tantinet de pondération, je pense en particulier aux aimables guerriers de plateaux télés qui ont remplacé les médecins de plateaux qui nous promettaient tous de mourir dans d’horribles souffrances du Covid, surtout si nous n’étions par triple ou quadruple vaccinés !

Je me demande si le Pfizer deux doses plus booster aux effets magiques protège efficacement des radiations et du million de degrés que peut atteindre une bombe atomique russe lorsqu’elle explose au-dessus d’une ville. Après tout, pourquoi avoir peur n’est-ce pas. Tous vaccinés, tous protégés !

Redevenons sérieux après ces quelques persiflages.

Evidemment que nous allons payer cette guerre.

Au bout du compte ce sont toujours les peuples qui payent les coûts des guerres.

Jamais les élites.

Comme le disait Paul Valéry, « les guerres, ce sont des gens qui ne se connaissent pas et qui s’entretuent parce que d’autres gens qui se connaissent très bien ne parviennent pas à se mettre d’accord ».

Et les peuples payent cela.

De leur vie dans le pire des cas.

Par des destructions.

Par des difficultés économiques ravageuses.

Et… évidemment par de l’inflation.

Si nous ne payons cette guerre qu’au prix de notre appauvrissement et d’une inflation forte ce sera presque une bonne nouvelle, puisque cela pourrait être hélas bien pire.

L’économie de guerre c’est toujours la planche à billets !

Tout ceci est vieux comme le monde et les guerres sont vieilles comme l’humanité.

Il faut financer l’effort de guerre.

Pour financer un effort de guerre il y a deux choses à faire.

1/ Passer en économie administrée

2/ Imprimer autant de monnaie que ce qu’il manque…

Pour l’économie administrée, c’est un peu les pleins pouvoirs économiques. Les Etats prennent ce qu’ils veulent à qui ils veulent au prix qu’ils souhaitent. Cela porte le nom de « réquisition ». C’est toujours la fin de l’état de droit et encore plus de la démocratie.

Pour l’impression de billets si nous n’avions pas eu besoin de Poutine jusqu’à présent pour faire exploser nos masses monétaires, il sera de « bonne guerre » comme on dit de profiter du dos large de Poutine pour l’accuser de l’inflation terrible qui va ravager nos économies.

Vous pouvez toujours monter les taux d’intérêt, quand il n’y a plus de gaz russe, il n’y a plus de gaz russe.

D’ailleurs nos amis allemands trouvent depuis deux jours, que continuer à faire tourner leurs centrales nucléaires serait une excellente idée vu qu’il n’y a plus de gaz russe vu que l’on a débranché la Russie de Swift.

Cela veut dire que nous n’allons plus pouvoir régler la Russie de notre consommation de gaz, surtout qu’en plus nous venons de geler les avoirs de la banque centrale de Russie.

Alain Gillot-Pétré le monsieur météo qui a bercé ma jeunesse aurait dit « avoirs de banques centrales gelés maisonnées d’Europe frigorifiées ». Il aimait les adages paysans !

Nous connaissons le narratif à l’avance.

L’inflation sera la faute du méchant Poutine.

En réalité peu importe le narratif servi aux masses incultes abreuvées aux émoticônes sans culture historique, sans culture politique et encore moins géopolitique. L’inflation au départ n’a rien à voir avec Poutine mais avec ce qu’il se passe la situation va sensiblement s’aggraver.

Ce qui est sûr désormais, c’est que l’inflation ne sera pas « temporaire » et « modérée » ou juste « transitoire ».

Elle sera forte et durable et vous devez vous y préparer très rapidement, je dirais même que vous devez vous y adapter aussi vite que possible, car ‘l’inflation est toujours ravageuse pour le pouvoir d’achat des ménages.

Ceux qui veulent aller plus loin peuvent se procurer le dossier « Comment augmenter son pouvoir d’achat quand celui de tous les autres baisse » en s’abonnant à la Lettre Stratégies. Tous les renseignements ici. (Vous aurez accès à l’ensemble des dossiers déjà édités).

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu.

Préparez-vous !


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.