Les Invalides, nouveau spot culturel à Paris cet été

15 euros
L'entrée pour « La Nuit aux Invalides » coûte entre 15 et 25 euros

La vie culturelle se réduit singulièrement à Paris durant l’été, mais on pourra aller faire un tour du côté des Invalides pour profiter de deux initiatives culturelles tout à fait différentes, La Nuit aux Invalides et Fluctuart.

Avec La Nuit aux Invalides, on pourra voir, du 12 juillet au 30 août, le désormais rituel spectacle vidéo projeté dans la grande cour des Invalides, dont c’est la 6e édition. On est toujours impressionné par l’impact visuel, la netteté des images, la qualité des animations, résultat du travail de Bruno Seillier, qui a aussi réalisé la magnifique « Dame de cœur » sur la façade de Notre-Dame de Paris, en 2017 et repris en 2018. Il conçoit également un spectacle comparable au Mont-Saint-Michel (« Les chroniques du Mont... l’archange », du 6 juillet au 31 août) et à Carcassonne (« La cité des pierres vivantes », du 1er août au 21 septembre). Les tarifs s’échelonnent de 15 à 25 euros, auxquels il faut rajouter 9 euros si l’on veut visiter le dôme, lui aussi plongé dans un jeu de lumières.

Par contre, le thème choisi cette année convainc moins (« Lutèce, 3 000 ans d’histoire »), le propos se perd un peu dans un champ chronologique bien trop large pour les 45 minutes que dure la projection. Cette belle fresque patriotique pâtit aussi d’un commentaire un peu ampoulé et trop métaphorique (on va le savoir qu’on a vaincu Chronos, le dieu du temps...), un peu plus de clarté et de focalisation (sur une époque, un personnage) ne nuirait pas.

Pour compléter sa soirée, on pourra aller faire un tour à Fluctuart, une barge dédiée à l’art urbain amarrée au pied du pont des Invalides, et qui vient d’être inaugurée. D’autant que les horaires coïncident, La Nuit aux Invalides commence à 22h30 (en juillet, 22h en août) tandis que Fluctuart ouvre de midi à minuit 7 jours sur 7. Et l’entrée est gratuite, il faut le signaler. On pourra profiter d’un espace d’exposition, d’une librairie (dans une zone climatisée, merci), ainsi que d’un magnifique rooftop où l’on pourra siroter un verre au-dessus de la Seine. Ce nouveau centre d’art totalise 1 000 m2 sur trois niveaux. Incontestablement, un projet de qualité, à suivre.

Ces deux activités culturelles sont très différentes dans leurs formes mais, outre leur localisation, elles ont comme point commun de vivre essentiellement grâce à des capitaux privés, et l’on ne peut que se féliciter de ce dynamisme et d’un tel esprit d’initiative.


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Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.