Retour de l'ISF : la pression monte pour le gouvernement

3,2 MILLIARDS €
La suppression de l'ISF a coûté 3,2 milliards d'euros par an à l'État.

Ce fut la mesure phare d’Emmanuel Macron à peine élu président de la République et qui lui avait permis d’acquérir directement le surnom de « Président des Riches » : la suppression de l’Impôt sur la Fortune (ISF), transformé en Impôt sur la Fortune Immobilière (IFI). Coût pour l’État : 3,2 milliards d’euros de recettes fiscales en moins par an.

Mais si à l’époque tout allait bien, avec la pandémie de Covid-19 et la crise économique à venir, de plus en plus de voix s’élèvent pour le retour de cet impôt payé par les très riches.

Laurent Berger d’abord, Raymond Soubie maintenant

Sans surprise, le premier à avoir demandé le retour de l’ISF est un syndicat, ou plus précisément le patron de la CFDT, Laurent Berger. En plein confinement, début avril 2020, il avait estimé nécessaire que le gouvernement revoie « la participation des plus riches ». Mais le gouvernement avait balayé cette idée d’un revers de la main.

Venant d’un syndicat, la demande de taxer les riches n’est peut-être pas étonnante. Elle l’est plus lorsque c’est Raymond Soubie, conseiller social de Sarkozy lorsqu’il était Président et aujourd’hui membre du Conseil économique, social et environnemental (Cese), qui la demande. Du moins, il estime tout simplement que le gouvernement n’aura pas le choix que de « revenir sur des réformes de début de quinquennat ».

Dans un entretien accordé au journal Les Echos le 11 mai 2020, il estime que « le pouvoir politique aura du mal à échapper [à l’ISF] d’une manière ou d’une autre. » En particulier lorsqu'on "demande des sacrifices à des salariés pour préserver" leur emploi.

Le gouvernement toujours opposé au retour de l’ISF

Malgré la grogne sociale, matérialisée par les Gilets Jaunes et qui ne s’est pas calmée avec le confinement, elle pourrait au contraire être exacerbée par la crise économique à venir, le gouvernement campe toujours sur sa position : pas de retour de l’ISF.

« Ne renouvelons pas les erreurs qui ont été commises dans le passé, celles qui consistent à augmenter massivement les taxes et les impôts en sortie de crise, ça ne marche pas et ça ralentit la croissance », a déclaré Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, lundi 11 mai 2020 sur BFMTV.

Pourtant, le gouvernement va bien devoir trouver des recettes fiscales pour payer les mesures adoptées face à la crise du Covid-19 : chômage partiel pris en charge à 100%, reports et annulations de charges pour les entreprises, aides spéciales aux ménages…


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