Tokyo 2021 : fière de ses médailles, la France prépare aussi 2024

3,9 MILLIARDS €
Le budget des JO de Paris est de 3,9 milliards d'euros.

Malgré toutes les incertitudes ayant pesé sur l’organisation des Jeux olympiques et paralympiques de Tokyo, la France a répondu présente dès la cérémonie d’ouverture. L’Hexagone a déjà fait le plein de médailles, et fait face à la dernière ligne droite vers les jeux de Paris en 2024.

La France performe aux JO

Clap de fin pour trente-quatre athlètes français tout juste revenus des Jeux Olympiques et Paralympiques de Tokyo 2021. Lundi 2 août, ils ont été accueillis par un public venu en nombre pour les féliciter place du Trocadéro à Paris. Un moment de communion apprécié par les champions. "Retrouver le public, les gens, la vie normale, on avait un peu oublié tout ça", s’est enthousiasmée Charlotte Lembac, qui a remporté la médaille d’argent au sabre féminin par équipe le 31 juillet dernier. De fait, les champions français n’ont pas vu l’ombre d’un public lors de la compétition. Les organisateurs des jeux ont veillé au déroulement des épreuves à huit-clos, dans le plus strict respect des mesures sanitaires, afin d’éviter que le Covid-19 ne mette en péril la santé des compétiteurs. « Nous avons probablement la communauté la plus testée au monde et en plus de cela, les restrictions au Village olympique sont drastiques », soulignait le porte-parole du Comité international olympique devant la presse. Et de préciser que sur « 310 000 tests de dépistage, le taux de positivité est de 0,02 % ».

Ces jeux, si particuliers à plus d’un titre, le sont doublement pour la France, qui prendra le relai de l’organisation pour l’édition de 2024, prévue à Paris. Et c’est peu dire que la France a pris au sérieux cette édition, et ce dès la cérémonie d’ouverture. Menée par la judokate Clarisse Agbegnenou et par le gymnaste Samir Aït Saïd, la délégation française a assuré le spectacle. A peine remis d’une grave blessure contractée à Rio en 2016, Samir Aït Saïd s’est même permis de réaliser un salto parfaitement exécuté. Un pied de nez au destin qui témoigne aussi de l’état d’esprit de cette délégation française, prête à faire le maximum pour ramener le plus de médailles possibles à la maison, malgré les difficultés. A l’image de Clarisse Agbegnenou, qui a déjà marqué l’Histoire. La porte drapeau a été sacrée championne olympique, suite à sa victoire contre celle qui l’avait vaincue en finale à Rio il y a cinq ans. La France n’a pas manqué de créer la surprise durant la compétition, comme en escrime. Alors que Romain Cannone devant être remplaçant, l’épéiste classé 47e mondial a finalement remporté l’or en devançant le Hongrois Gergely Siklosi. Une semaine après ce sacre, Erwann Le Pechoux, Enzo Lefort et Julien Mertine battaient le Comité Olympique Russe en remportant la cinquième médaille d’or tricolore. Mais c’est en Judo que les Bleus ont réalisé une performance légendaire, en sortant vainqueurs face au Japon, favori des favoris, à l’issue de l’épreuve mixte par équipes.

Au-delà des exploits sportifs, la France a aussi tenu à marquer le coup politiquement. Seul dirigeant du G7 présent pour la cérémonie d’ouverture, le président Emmanuel Macron a fait le déplacement pour 48h au Japon. Un symbole pour le président de la future nation hôte, qui a d’ailleurs tenu à témoigner son soutien aux organisateurs japonais, confrontés à de nombreuses difficultés depuis l’annonce du report des jeux à 2021. Et notamment, le limogeage du directeur de la cérémonie d’ouverture, Kentaro Kobayashi, à quelques jours du début des Jeux. "Ces Jeux olympiques devaient se tenir”, n’a pas hésité à témoigner le chef de l’Etat français. “Vivre avec le virus, c'est aussi maintenir ça. On doit résister, on doit tenir ces JO. Je suis là pour porter le soutien de la France au mouvement olympique et aux organisateurs japonais.”

Les yeux tournés vers Paris 2024

Un soutien politique et institutionnel de la part du pays successeur, qui n’a pas oublié non plus d’encourager les athlètes, en première ligne de la compétition, et à qui rien n’aura été épargné. A commencer par le report des jeux, particulièrement éprouvant après quatre années de longue préparation. "Je sais tous leurs sacrifices, chaque année compte. On peut demain créer une belle surprise et on sera derrière eux. Je pense qu'on sera au rendez-vous de la performance et de l'exigence, je leur souhaite de la concentration et leur assure le soutien de toute la nation", prédisait Emmanuel Macron avant le début de la compétition. Un message qui a sans doute porté chance à la France, qui a fait de cette édition 2021 une belle moisson de médailles, avec pour l’heure six médailles en or, dix en argent et sept en bronze.

Car si les sportifs sont aujourd’hui concentrés sur les jeux de Tokyo, c’est bien la prochaine édition qu’a la France en ligne de mire. Claude Onesta, ancien sélectionneur de l’équipe de France de handball, aujourd’hui responsable de la haute performance à l’Agence nationale du sport, se projette : “On veut identifier les sportifs capables de « performer » à Paris, et voir comment on peut accompagner l’encadrement de ces sportifs, leur programmation, tous les intervenants à mettre à leur disposition pour améliorer ce potentiel”, explique-t-il dans un entretien au journal Le Monde. D’autant qu’avec seulement trois ans entre les deux éditions, le délai est très court. “Il faudra faire une analyse très précise des résultats à Tokyo, et se projeter très vite et avec précision.

Président du comité d’organisation des JO de Paris 2024 et triple médaille d’or de canoë-kayak slalom, Tony Estanguet voit dans ces Jeux de Tokyo le point de départ de la dernière ligne droite vers ceux de Paris : “C'est aussi un moment d'excitation pour moi puisque je me projette dans trois ans. Dans trois ans où ce sera notre tour ! Quand j'ai vu le drapeau japonais je me suis dit "aïe, aïe, aïe dans trois ans c'est notre tour ! Ça va être génial ”. L’ancien porte drapeau de la délégation française aux Jeux de 2008 à Pékin en profite pour faire noter quelques ajustements concernant la future cérémonie d’ouverture à Paris : “J'étais un peu dans cette analyse permanente pour voir comment on en tire les bons enseignements, comment on bâtit nous une cérémonie à l'image de nos Jeux, qu'on veut spectaculaires. Et on va observer dans le détail tous ces Jeux de Tokyo”. A propos de cette cérémonie, des premières annonces ont été faites par Emmanuel Macron dans le cadre d’un entretien à L’Equipe. On sait désormais que celle-ci se tiendra sur les berges de la Seine. “On veut vraiment que la cérémonie soit populaire, ouverte à tous, unique en termes d'expérience, très innovante et qu'elle ait du sens pour les Français, qu'elle porte un message pour le monde”. En attendant le verdict dans trois ans, les Français tirent le maximum d’enseignements à Tokyo, d’où ils ont déjà ramené des souvenirs en or.


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