Le krach du Bitcoin, présage d'une secousse importante sur les Bourses

97 MILLARDS DE DOLLARS
Le Bitcoin représente 97 milliards de dollars de capitalisation.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Le Bitcoin s’effondre ces derniers jours sur fond de panique baissière, de vente massive, de conflit ouvert dans la communauté des cryptomaniaques, sans oublier que le Bitcoin, intrinsèquement, ne vaut pas tripette si ce n’est la confiance absolue de quelques centaines de milliers de technophiles à travers la planète.

À ces « geeks », comme on les appelle, est venue se rajouter la masse des spéculateurs flairant le bon filon.

Tout cela, nous le savons, je le chronique, et depuis le départ, le point d’arrivée est connu. Le Bitcoin ne valait rien, et finira par ne plus rien valoir du tout.

Entre-temps, quelques fortunes auront été créées, et la grande majorité aura été rincée, ruinée. Nous les aurons prévenus.

Je vais revenir sur les causes de cette baisse et notamment la querelle pathétique entre jeunes immatures, mais ce qui m’intéresse le plus là-dedans, c’est la concomitance de certains flux financiers qui laissent penser que ce krach des cryptomonnaies en général et de la première d’entre elles, le Bitcoin, en particulier pourrait bien présager d’une secousse imminente sur les marchés boursiers classiques.

100 milliards de capitalisation

Le Bitcoin, c’est 97 milliards de dollars de capitalisation. Cela ne représente qu’une goutte d’eau dans l’océan par exemple du marché obligataire américain, mais c’est une centaine de milliards de dollars très mobiles, très rapides, et détenus par quelques initiés.

Les dégagements massifs du Bitcoin et des cryptomonnaies sont concomitants avec une hausse de l’or et une augmentation du dollar, tout en sachant que les marchés, malgré les élections passées, peinent considérablement à se relever.

Plus grave, alors que le gouverneur de la FED Jerome Powell vient de dire « qu’il voyait des signes de ralentissement économique », les hausses des taux d’intérêt sont toujours au programme.

Une partie significative des Bitcoins vendus ces derniers jours a été placée sur le métal jaune, ce qui est un signal faible qu’il convient de noter dans un coin de votre esprit.

Les marchés seront donc à surveiller comme le lait sur le feu les prochains jours.

On s’échange des tweets rageurs entre « pro » et « anti »…

Vous vous souvenez peut-être, mais il y a quelques mois, il y avait eu une scission au sein du Bitcoin avec la création du Bitcoin cash, un sous-Bitcoin qui, à son tour, « scissionne ».

À force de jouer aux tranches de saucisson, il ne reste plus grand-chose et les jeunes gens qui sont en charge de ces monnaies s’étripent joyeusement sur les réseaux sociaux, s’insultent, se menacent dans une immaturité confondante et totalement incompatible avec une industrie qui pèse des dizaines de milliards de dollars.

Tout ceci tourne à la foire d’empoigne et au ridicule le plus confondant.

Imaginez les patrons de la BNP et de la Société Générale en train de s’insulter en place publique et l’un d’expliquer à l’autre que s’il continue, il va le pirater et pourrir toute sa banque, la faire s’effondrer et ruiner tous ses clients, parce que lui, il est le meilleur…

Pathétique.

La « smart monnaie », ou monnaie dite « intelligente », ne peut évidemment que fuir en courant et se défaire au plus vite « d’actifs » aussi moisis et gérés par une bande de boutonneux dont la crise d’adolescence n’est pas franchement achevée.

Ce qu’elle vient de faire avec une grande rapidité et une grande violence. D’ailleurs, elle pourrait bien revenir sur les cryptomonnaies prochainement. Le Bitcoin est très volatile, mais cette fois, des seuils importants de baisse ont été enfoncés.

C’est en tout cas très instructif de voir le dégonflement de cette bulle irrationnelle.

En attendant, attention, secousse droit devant.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.