La Comédie française, une institution en forme

93 %
Sur la saison précédente, la Comédie française a affiché un taux de
remplissage de 93 %.

À l’occasion de la sortie de sa nouvelle saison, faisons un point sur le plus célèbre théâtre de France, la Comédie française.

Nous avions parlé de la Comédie française l'année dernière, alors que la nouvelle saison vient de sortir, la comparaison s'impose. Sur le plan des chiffres, la saison 2017-2018 marque une progression notable à tout point de vue sur 2016-2017 : le nombre total de spectateurs accueilli dans les trois salles (Richelieu, place Colette, la salle historique, le Vieux-Colombier et le Studio-théâtre) passe de 283.604 à 313.009, avec un excellent taux de remplissage de 93%. Ces 313.009 spectateurs se décomposent en 250.548 pour Richelieu, 40.087 pour le Vieux-Colombier et 22.374 pour le Studio-théâtre.

Cette fréquentation en hausse se traduit par une forte progression du taux de recettes propres qui passe de 36 à 41%, une performance assez remarquable. Les recettes totales se montent à 46,21 millions d'euros, dont 27,31 de subvention et 18,90 de recettes propres. Ces dernières proviennent principalement de la billetterie mais également de deux postes en hausse : les tournées et les diffusions dans les cinémas.

En effet, la Comédie française, ce n'est pas que pour les Parisiens ! Depuis toujours, cela fait partie de son identité, la troupe tourne en France et la saison prochaine Les Fourberies de Scapin de Molière et Bajazet de Racine seront donnés dans plusieurs villes. Il y aura même des tournées à l'international avec Les Damnés d'après Visconti à New York et à Londres, et Électre/Oreste d'Euripide au Théâtre antique d'Épidaure en Grèce.

Il y aura aussi des diffusions dans les cinémas, qui connaissent un succès croissant, avec six spectacles (trois nouvelles productions et trois reprises). 300.000 spectateurs répondent présent tous les ans, en France et dans le monde, dans 300 salles de cinéma, soit à peu près autant que les trois salles sur l'année. Une occasion de faire connaître la troupe et de générer des recettes supplémentaires.

Voyons le programme de la prochaine saison, 2018-2019 : dans la grande salle Richelieu, à côté des reprises de classiques (Lucrèce Borgia de Victor Hugo, Britannicus de Racine, Les Fourberies de Scapin et Le Misanthrope de Molière, L'Hôtel du Libre-échange de Feydeau) ainsi que de l'adaptation "coup de poing" et crue des Damnés de Visconti, on pourra découvrir cinq nouvelles productions : Électre/Oreste d'Euripide par Ivo van Hove (le metteur en scène des Damnés), La Nuit des rois de Shakespeare par le grand metteur en scène allemand Thomas Ostermeier, La Locandiera de Goldoni par Alain Françon, Fanny et Alexandre de Bergman par Julie Deliquet, La vie de Galilée de Brecht par Eric Ruf, directeur de la Comédie française.

Des spectacles plus originaux et expérimentaux seront donnés dans les deux autres salles, plus petites, comme 20.000 lieues sous les mers, un des grands succès du Vieux-Colombier depuis 2015, la reconstitution du dernier film inachevé de Fellini (Le Voyage de G. Mastorna), des hommages à Pierre Desproges et à Serge Gainsbourg, une adaptation du roman Chanson douce de Leïla Slimani, un monologue sur Hamlet de Loïc Corbery, etc.

La saison 2018-2019 offre un programme très alléchant. Il y en aura pour tout le monde, sur les trois scènes (ouverture des réservations le 19 juin), en tournée et dans les cinémas.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.