La Samaritaine rouvre enfin, 16 ans après sa fermeture

16 ans
La Samaritaine était fermée depuis 2005 pour mise aux normes de
sécurité.

Le grand magasin du centre de Paris rouvre après une restauration complète et très réussie.

Réouverture de la Samaritaine à Paris : 16 ans de travaux pour le groupe LVMH

Il aura fallu attendre 16 ans, entre le rachat du magasin en 2005 et sa réouverture au public, ce mercredi 23 juin 2021, pour redécouvrir la Samaritaine, un des magasins emblématiques de Paris, et connu au-delà de nos frontières. 16 ans qui se divisent en trois périodes équivalentes : 5 ans pour définir le projet et modifier le PLU (pour accueillir l’hôtel Cheval Blanc dans le bâtiment face à la Seine, et construire 12.000 mètres carrés de logements sociaux revendus à Paris Habitat), 5 ans pour définir le projet architectural et répondre aux contentieux, et 5 ans de travaux.

750 millions d’euros ont été dépensés pour restaurer le bâtiment qui mêle Art nouveau et Art déco, on redécouvre la décoration extérieure, la magnifique verrière (37 mètres sur 20), un puit de lumière au-dessus des cinq étages d’escaliers. Une attention particulière a été portée à faire rentrer au maximum la lumière naturelle, les fenêtres ouvrent souvent sur de belles perspectives. En revanche, la frise transparente et ondulée rue de Rivoli convainc moins.

Un grand magasin de marques de luxe

À terme, le site emploiera environ 3.000 personnes entre son magasin (1.700), son hôtel de luxe (400) et ses bureaux loués à des entreprises (900). Le magasin occupe 20.000 mètres carrés, contre environ 30.000 au moment de sa fermeture. Comme l’affirme le nouveau propriétaire des lieux, Bernard Arnault, « cet événement marque la fin de période tragique de cette crise qui a frappé le monde et notre pays. Seul un groupe familial pouvait se lancer dans un tel investissement sans retour pendant 15 ans ».

Mais le célèbre slogan « On trouve tout à la Samaritaine » est bien terminé : on ne verra pas de rayon plomberie ou ameublement, mais plutôt « 600 marques de luxe mêlant mode, art de vivre et gastronomie ». On peut d’ailleurs s’interroger sur la capacité de la clientèle parisienne (domestique et touristique) à « absorber » autant de grands magasins de luxe multimarques (Printemps, Galeries Lafayette à Opéra et sur les Champs-Élysées, Le Bon Marché, etc.), et autant d’hôtels de niveau Palace, qui rencontraient déjà des difficultés avant la crise du Covid…

Quoi qu’il en soit, voici un nouveau lieu pour flâner, se restaurer (12 points de restauration exclusifs) et faire flamber sa carte bancaire.


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Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.