La santé coûte cher ! Supprimons la santé

200 MILLIONS €
Le Doliprane coûte 200 millions d'euros par an à la Sécurité Sociale.

 C’est un peu en ces termes que la cour des comptes s’est exprimée cette semaine, même si le message n’est pas aussi clair qu’il n’y paraisse. Faire des économies, redresser les comptes de la sécurité sociale, encadrer la médecine, voila en quelques termes les seules préoccupations de ces « sages »

Déjà,  que ce soit la cour des comptes qui s’occupe de la santé et de son devenir veut tout dire. Depuis le temps que je l’écris, nous en avons encore une fois la confirmation,  dans notre pays la santé publique n’existe plus elle a été remplacée depuis longtemps (1995) par la comptabilité de la santé. Aujourd’hui nous sommes au bout du bout d’un système qui a fait la preuve de son inefficacité (et même plus) alors les politiques, toujours aussi prompt a ne rien faire d’efficace, veulent tuer non pas le système mais ceux qui soignent.

Pour bien comprendre ce qui se joue aujourd’hui, et qu’aucun politique n’accepte même d’envisager, il est nécessaire de reprendre les choses dans leur intégralité. Si on nous assène régulièrement que la sécurité sociale est en déficit, sans jamais accepter d’en analyser ni les causes ni les effets, c’est parce que le sujet est tabou. Créée après la guerre dans la grande reconstruction du pays, en grande partie par les communistes, ce système ne fonctionne plus depuis bien longtemps.

Comprendre pourquoi cette assurance ne fonctionne plus est à la portée de tous les analystes financiers honnête, cette compréhension n’est pas accessible aux idéologues et politiques de tous poils. Cette analyse en effet obligerait à faire des constats qu’aucun dirigeant politique ne veut affronter. La première des analyses consiste à démontrer qu’une assurance qui se veut couvrir un risque (ici la santé) en assurant tous ceux qui ne cotisent pas est une ineptie. A sa création l’assurance maladie, qui est en fait une mutuelle, avait pour objectif de faire cotiser les salariés et surtout leurs patrons, pour les rembourser en cas de maladie. Ce système était bon tant qu’il se bornait à cette mutualisation des moyens des entreprises, même si déjà le ver  était dans la pomme,  il fallait couvrir aussi les familles et les retraités, premier problème à résoudre.

 Le second problème posé par cette assurance mutuelle est le poids de ces cotisations sur la compétitivité des entreprises. Là encore rien n’avait été analysé en amont, c’est seulement avec l’Europe et la mondialisation que ce problème s’est fait crucial. Un des noeuds du problème est là,  la parité entre les syndicats et le patronat, qui était censée gérer la sécurité sociale,  est morte le jour ou le patronat a quitté la table. Un abandon qui est à la base de tout ce qui s’est passé ensuite, l’état (qui était déjà très impliqué dans les comptes de cette mutuelle) s’est vu immédiatement investi pour prendre la place du patronat. De ce jour les politiques n’ont cessé de charger  la barque de cette sécurité sociale en ajoutant nombre d’assujettis qui ne cotisent en rien. (CMU, AME etc.) On avait déjà vu l’état imposer la prise en charge des professions indépendantes, commerçants, artisans, dont les cotisations ne pouvaient pas être à la hauteur de  celle des entreprises. La suppression du RSI montrera très vite que c’est au moins 60% du chiffre d’affaires des indépendants qui passera dans ce tonneau des Danaïdes.

Aujourd’hui le système est mort depuis longtemps, pourtant il perdure sous le prétexte de ne rien toucher.  On veut nous faire croire qu’il est en déficit du fait de la maladie alors qu’il est en danger du fait des cotisations (même l’état ne paye pas ce que les entreprises payent)  Cette grosse machine intouchable est aussi un des réservoirs de financement des syndicats, ces derniers ne voulant jamais rien céder pour ne rien perdre. Les différents gouvernements ont inventé la CGS, puis les mutuelles obligatoires donnant le « gâteau de la santé » aux assurances privées. Les victimes sont et resteront toujours les mêmes les Français dans leur ensemble.

 Dans cette analyse refusée par tous les technocrates et politiques on se doit aussi d’ajoute les coûts monstrueux de gestion de la sécurité sociale et de ces assurances complémentaires, coût dans une totale absence de transparence et là la cour des comptes n’y voit rien de mal.

Alors comme toujours, face a ces difficultés financières de compagnies d’assurances, les énarques veulent aller au plus facile, taper sur les médecins et les autres professions de santé. Comme si le fait de soigner les patients au quotidien était un coût insupportable qu’il fallait réduire. Effectivement, si on supprime les actes médicaux les assurances ne s’en porteront que mieux. C’est exactement comme si, pour faire des économies dans le domaine de l’assurance auto, l’état voulait supprimer les garagistes et les carrossiers. Toujours dans cette logique comptable, sans tenir compte de la santé des Français, la cour des comptes veut résoudre le problème en « encadrant encore plus la médecine libérale » cause de tous les maux selon eux.

Pour la cour des comptes, encadrer voudrait dire par exemple contraindre à l’installation, Ils n’ont pas compris les raisons pour lesquelles les médecins ne s’installent plus. Les soi disant désert médicaux (la France entière le devient) ne sont pas dus à une propension des médecins à ne s’installer que dans des zones de loisir, mais bien à une désaffection du travail libéral. Rappelons quand même que les « penseurs » socialistes,  idéologues de l’égalitarisme et du collectivisme, ont décrété que la médecine libérale n’était pas compatible avec le système de sécurité sociale (elle-même système collectiviste). Les médecins ont bien entendu le message  et ne s’installent plus en France, là où le tarif de consultation est insultant. Ce tarif bloqué par une convention signée par des syndicats achetés par l’état  ne permet plus de payer les installations et les charges. Le rythme imposé par l’exercice libéral, la pression du travail, le nombre d’heures travaillées n’attire plus personne. Les professions de soins sont en première ligne pour le burn out, elles deviennent aussi en première ligne pour les banques qui constatent jour après jour l’accumulation de leurs difficultés financières.

 La cour des comptes dans sa grande analyse comptable voudrait aussi imposer des gardes  de soirées, soi disant pour décharger l’hôpital, a des médecins libéraux après des journées de travail de 10 ou 12 heures. L’esclavage n’est pas près d’être supprimé. Il ne vient pas a l’idée de ces « savants » que des dispensaires sur  tout le territoire seraient peut être aussi une solution comme dans de nombreux pays. En France nous avons bien la PMI (protection maternelle et infantile) Elle fonctionne correctement, le modèle peut être dupliqué pour la médecine générale. Sauf que cette solution obligerait à salarier des médecins comme en PMI. Remplacer des maisons de santé vides par des dispensaires, une idée à travailler, pourquoi pas.

 Par contre en voulant jouer sur le conventionnement, la cour des comptes prend un grand risque. Aujourd’hui la convention n’est refusée que verbalement par les médecins libéraux, ils crient après mais l’appliquent tous ou presque. La sécurité sociale refuse illégalement de rembourser le prix de la consultation au tarif opposable des médecins non conventionnés (on les appelle même avec une sorte d’humour les conventionnés secteur 3) Une assurance ne peut  théoriquement avoir des tarifs de remboursement discriminatoires. Elle prend un risque parce que c’est ouvrir la porte (qui est déjà largement ouverte) du refus d’être conventionné tout d’abord des nouveaux installés puis ensuite ceux qui sont déjà installés et qui ne peuvent plus supporter ce système de fonctionnement. Rappelons que ce refus de conventionnement, toujours une menace, jamais une réalité jusqu’à présent pourrait devenir avec ces dispositions un raz de marée.

 Quitter la convention ce serait pour la plupart des médecins libéraux retrouver un véritable fonctionnement libéral, ce serait refuser les diktats de la sécurité sociale et retrouver le chemin d’une médecine sereine et à l’écoute du malade, pas des assurances. Ce serait avant tout une garantie pour les patients de médecins disponibles, a l’écoute, prenant leur temps pour exercer leur art du mieux possible. Un gage de qualité en quelque sorte.

 On peut le prévoir sans risque, sans une véritable réforme de notre système de couverture sociale, apportant plus de cohérence, plus de liberté d’assurance et plus d’égalité, c’est bel et bien l’explosion de notre système de soins que l’on constatera. Les apprentis sorciers de la politique ne s’en rendent pas encore  compte tant ils sont campés dans leurs certitudes. L’Europe ne s’y trompe pas elle qui voudrait imposer cette réforme, qui consisterait à n’avoir plus que la CSG (même si elle est un peu plus élevée) et l’assurance privée libre d’accès pour ceux qui veulent plus que le système de base. Ce serait libérer les entreprises et les salariés de ce boulet de système social. Ce serait aussi donner plus de justice en faisant payer la CSG à tous ceux qui gagnent quelque chose (rappelons qu’une cotisation sociale n’est pas un impôt mais une cotisation d’assurance)

 Une chose est certaine, ce n’est pas avec la cour des comptes et les idéologues de gauche que cette révolution indispensable arrivera.


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.