La science économique existe, je fais avec et vous aussi

1768
L'idée d'une science économique est évoquée pour la première fois en
1768.

Nous avons en main les preuves que ce qui est à coup sûr économique au quotidien peut faire l’objet d’une science exacte. Empressons-nous d’ajouter que cette science n’est pas pour autant en mesure de fournir une réponse fiable à tout problème que l’usage universitaire et médiatique qualifie d’économique : plus les buts qu’on lui donne sont étendus, moins son exactitude et sa salubrité sont probables.

Désormais ordi et internet aidant, la comptabilité familiale que je tiens est exacte, sur les points à surveiller de la situation financière et du train de vie de mon ménage. S’il n’en va pas encore, ou pas de nouveau, de même pour vous, prenez-en la peine et sans aucun doute vous y arriverez. Toutefois ne considérons pas que ces comptes sont économiques… seulement parce que leur tenue et leur interprétation nous prennent, une fois leur saisie bien rodée, que quelques pincées de minutes par semaine ! Leur objet même est économique et, n’en déplaise aux relativistes en tout, leur exactitude est à proprement parler scientifique.

L’argument minable de la logique comptable

Mais voici que l’affirmation de l’objet économique des comptes en unités monétaires d’un foyer et celle, aggravante, de leur exactitude scientifique une fois leur mise à jour devenue routinière, suscitent de nos jours des commentaires souvent moqueurs et parfois outrés. — Vous vous ridiculisez en soutenant que la logique comptable est une branche de la logique économique ! Tant qu’à faire, j’en remets une couche : la logique comptable est le tronc de la logique économique.

Repousser telle ou telle nécessité économique par l’argument de la logique comptable est en soi minable. Oui, c’est vrai, on peut tout faire dire aux chiffres, y compris parfois la vérité… Cela étant, un compte ou un ensemble de comptes en unités monétaires est non seulement exact ou incomplet ou biaisé, mais aussi son interprétation est ou n’est pas impartiale. Et il se prête à des confusions, dont celle encore très courante entre un solde de trésorerie et un résultat périodique. De toute évidence, pour que ce genre de décompte soit exact et impartialement interprété, il faut non seulement de la logique comptable, mais aussi que cette logique tende à être ce qui se fait de plus exact en sciences objectives.

Il n’y a de science dure que là où l’arbitraire n’est pas maître des lieux

À la racine de l’économie, continue-t-on à enseigner, se trouvent la subjectivité des coéchangistes de produits du travail humain et celle des donateurs volontaires ou contraints d’argent ou d’autres propriétés. Dans tous les autres compartiments de la vie sociale, il en irait de même, d’où le subjectivisme méthodologique hissé en surplomb des sciences sociales, l’économique comprise.

En économie et partant dans toute une part de la politique, l’adoption de ce surplomb rend l’arbitraire maître des lieux. Bien des théoriciens s’en trouvent coincés. En étayant leurs constructions d’équations, certes ils les parent de l’apparence d’une physique sociale. Ils ne parviennent pas pour autant à lui donner la substance d’une science fiable. Faute d’opter pour des définitions recevables en mathématique élémentaire des ensembles finis, ils acceptent par exemple que toute production et toute consommation relèvent, par au moins un de leurs aspects, de leur compétence. Comme rien ne survient sans production et consommation, leur discipline en vient à traiter de tout sous l’angle arbitraire qu’ils croient scientifique.

Cahier des charges

L’approche de l’économie que je crois bienvenu d’explorer, ne serait-ce que pour voir où elle mène, discerne, pour ainsi dire dès le sommaire de son cahier des charges, quatre astreintes scientifiques.


A découvrir

Dominique Michaut

Dominique Michaut a été directeur des études du Centre consulaire de formation de Metz puis conseiller de gestion, principalement auprès d’entreprises. Depuis 2014, il administre le site L’économie demain, dédié à la publication d’un précis d’économie objective (préface de Jacques Bichot).