Lançons au plus vite la filière hydrogène !

3
L'hydrogène contient trois fois plus d'énergie par unité de masse que
le gazole.

Il faut se féliciter de la décision du gouvernement français d’acter la fin de la production d’hydrocarbures d’ici 2040.

En présentant le projet de loi qui prévoit d’en finir avec la recherche et l’exploitation des gisements existants, Nicolas Hulot, ministre de la Transition Energétique, donne à son titre toute sa légitimité. En effet, cette décision entérine la sortie progressive de la production pétrolière et gazière en France. Cela répond aux exigences historiques prises lors de la COP 21, à Paris, et réitérées à la COP 22, à Marrakech.

L'hydrogène, une énergie d'avenir

Le Président de la République, Emmanuel Macron, considère, à juste titre qu’en agissant ainsi, la France se place « à l’avant-garde » du combat pour un nouveau plan climat. C’est en effet une avancée indéniable. Cependant, cela suffit-il pour être pleinement précurseur sur la scène internationale ? La France, comme tous les pays signataires de l’Accord de Paris, ne devraitelle pas établir clairement une offre alternative en matière d’énergies propres ? Le solaire, l’éolien et le nucléaire en font partie. Mais ne serait-il pas urgent que le gouvernement annonce le lancement d’une nouvelle filière : l’hydrogène ?

Si l’on fait le point sur les ressources de la planète, nous avons cinquante ans de réserves de pétrole et de gaz devant nous. Faisons un tour des alternatives aux énergies fossiles… Le nucléaire, qui fait débat même s’il est une énergie nécessaire encore aujourd’hui, représente des coûts non négligeables pour les Etats. Ces coûts sont de plus en plus exponentiels et, si cette énergie est propre, il n’en demeure pas moins qu’elle reste dangereuse et chère. Le solaire et l’éolien, quant à eux, montrent leurs limites, en raison des espaces disponibles sur les territoires et du temps nécessaire au stockage de l’énergie. Au XXème siècle, les sources d’énergie étaient en sous-sol, aujourd’hui l’énergie est en surface.

C’est en cela que l’hydrogène est une énergie d’avenir, car elle redistribue les cartes et a un impact direct et immédiat tant sur le plan environnemental qu’économique et social. L’hydrogène nous autorise à nous affranchir d’infrastructures trop coûteuses sur le long terme et qui nous obligeraient à être dépendant d’autres. Parallèlement, l’hydrogène va permettre la décentralisation de la production et de la distribution en régions. C’est une façon de dynamiser économiquement les territoires.

Le chainon manquant de notre politique énergétique d'avenir

L’innovation est donc synonyme de croissance et de compétitivité saine, génératrice de valeurs et créatrice d’emplois. Permettons aux entreprises innovantes d’ici et d’ailleurs d’investir massivement en France dans les solutions « hydrogène zéro carbone ». Pour elles, l’hydrogène devient le chainon manquant de notre avenir énergétique comme le complément naturel du solaire, de l’éolien etde l’hydraulique. Imaginer l’immense potentiel dans les usages urbains et ruraux. Car aujourd’hui, les solutions sont disponibles, pour les vélos, scooters, voitures urbaines, véhicules de livraison, bus jusqu’aux camions. L’hydrogène est stocké sans pression dans des cartouches rechargeables disponibles partout dans des distributeurs du type cannettes de soda.. Une technologie que nous maîtrisons en France., Ces innovations répondent aux usages nouveaux de la mobilité, comme de l’habitat moderne (chauffage, éclairage) pour le bien-être de la population tant sur le plan social qu’environnemental et sanitaire. Une perspective qui ne doit pas ignorer l’impact économique en termes de création de très nombreux emplois.

Passons donc à l’offensive. Nous sommes à un tournant stratégique qui pourrait donner à la France avec l’Europe le leadership de la transition énergétique : lançons au plus vite la filière hydrogène !


A découvrir