Huawei : le Canada bannit l'entreprise chinoise de son réseau 5G

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Le gouvernement Trudeau officialise sa décision. Huawei est banni du
réseau 5G canadien, le géant chinois est suspecté d'espionnage
informatique.

Après la Nouvelle-Zélande, le Royaume-Uni, l'Australie et les États-Unis, c'est désormais au Canada de bannir le géant chinois Huawei de son projet de développement de 5G. Le pays craint de la part de l'entreprise une utilisation des données à des fins malveillantes. 

« Nous annonçons notre intention d'interdire les produits et services Huawei et ZTE dans les systèmes de télécommunication du Canada », annonce François-Philippe Champagne, ministre canadien de l'Industrie. Repoussée depuis 2018 à cause de tensions diplomatiques entre la Chine et le Canada, la décision est rendue officielle le 19 mai 2022. 

Une décision attendue

Les États-Unis, qui ont banni le géant chinois de leur réseau depuis mai 2019, ont sollicité les quatre autres pays membres du « Fives Eyes » l'alliance des services de renseignement, à faire de même, sans quoi leurs accords étaient à revoir. Si Wellington, Londres et Canberra n'ont pas hésité, Ottawa ne s'était pas encore exprimé. En cause, un conflit diplomatique avec Pékin depuis 2018. L'arrestation à Vancouver de Meg Whanzou, directrice financière de Huawei et fille en même temps de son fondateur, a engendré la « diplomatie des otages » puisqu'en réponse, la Chine avait arrêté deux diplomates canadiens. Meg Whanzou libérée en 2021, les diplomates relâchés aussitôt, la crise s'est cependant evenimée entre les deux pays. Ottawa frappe finalement du poing sur la table et suit les volontés de Washington. 

Un risque d'espionnage élevé selon Ottawa

Huawei nie se servir des données de ses produits à des fins malveillantes. Pourtant, pour Ottawa, c'est une évidence. La décision « est dans l'intérêt du Canada », ajoute un ministre du gouvernement Trudeau. Et annonce aussitôt : « cela fait suite à un examen complet par nos agences de sécurité et en consultation avec nos alliés les plus proches ». Il s'agit maintenant de remplacer les infrastructures de Huawei, implantées par d'autres entreprises également. Celles-ci réclament une indemnisation pour le retrait de leur matériel, ce à quoi le gouvernement répond pour l'instant par la négative. 


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