Le lourd impact économique de la crise sanitaire pour l'économie française

790.000
790.000 emplois devraient être détruits en 2021.

Du jamais vu depuis la fin de la seconde guerre mondiale : l'économie française a enregistré une perte de 191 milliards d'euros en 2020, selon les derniers chiffres de l'OFCE !

C'est peu dire que la crise sanitaire a coûté cher à l'économie française. L'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que la gestion de l'épidémie a représenté une perte de 191 milliards d'euros en 2020, ce qui représente une contraction du produit intérieur brut de 9,5%. C'est davantage que les prédictions de l'Insee, qui table sur une hypothèse de -9%, mais c'est moins que l'estimation du gouvernement (-11%). Du côté du marché du travail, l'Observatoire annonce un taux de chômage à 9,5% à la fin de l'année, tout en prévenant que le taux « réel » est sans doute plus élevé : l'estimation ne prend pas en compte tous ceux qui ont renoncé à chercher un emploi, notamment parce qu'ils travaillent dans des secteurs fermés administrativement. S'il fallait prendre en compte toutes ces personnes, cela représenterait une hausse de 0,6 point du taux de chômage.

Une perte de 191 milliards d'euros

C'est l'État et les administrations qui prennent en charge le gros de la perte pour 2020 : ils en absorbent environ les deux tiers. Les entreprises ne sont pas en reste avec un tiers de ces pertes. Les ménages sont relativement épargnés (4% seulement). C'est le résultat des mesures visant à protéger le pouvoir d'achat, même si c'est l'épargne qui en profite le plus : les Français vont mettre de côté près de 90 milliards d'euros cette année. Les prévisions de l'OFCE sont relativement optimistes, même si elles ne compenseront pas complètement les pertes de 2020. Si la situation sanitaire revient à la normale à partir du deuxième semestre, la croissance en 2021 devrait s'établir à 7,1%.

Destruction massive d'emplois

L'Observatoire calcule toutefois que l'économie française devrait détruire 790.000 emplois salariés l'année prochaine, dont 180.000 dus aux faillites des entreprises n'ayant pas pu surmonter les difficultés de la crise économique. Le taux de chômage sera alors de 10,6%. Même avec des vaccins massivement disponibles au premier semestre, le retour à la normale économique n'est donc pas prévu pour 2021. Cela se confirmera avec la dette publique qui atteindra 117% du PIB en 2020 et 116% en 2021. Le déficit public devrait lui être de 9,8% puis de 6,5%.


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