Le télétravail bouscule le monde de l'entreprise

3 %
Seulement, 3% des salariés pratiquaient le télétravail au moins un
jour par semaine en 2017.

Le confinement a vu exploser le télétravail. L’heure est maintenant au bilan au sein des entreprises et des syndicats. C’est le moment de mettre au point les règles et les garde-fous.

Au plus fort de la période de confinement plus de 5 millions de salariés ont été en télétravail, du jamais vu ! A titre de comparaison, en 2017 seulement 3% des salariés l’ont pratiqué au moins un jour par semaine. Comme dans le dernier film de Claude Lelouch « La vertu des impondérables », dans lequel le réalisateur démontre que l’on peut tirer du positif de toute situation, aussi catastrophique qu’elle puisse sembler, la Covid-19 a permis à de nombreux travailleurs qui le réclamaient depuis longtemps auprès de leurs managers de pouvoir travailler à partir de leur domicile.

Ils ont prouvé, haut la main, que le système peut très bien marcher et que ce n’est pas parce qu’ils étaient en télétravail qu’ils allaient passer plus de temps à jouer au casino ou aux jeux vidéo plutôt que de produire. Bien au contraire, certains avouent avoir encore plus travaillé que l’habituel. Difficile pour les entreprises, au vu des résultats, de faire l’impasse sur ce nouveau mode de fonctionnement. Difficile aussi pour les salariés qui y ont goûté dans de bonnes conditions de renoncer au temps épargné dans les transports, à une meilleure concentration et à un équilibre retrouvé entre vie professionnelle et personnelle.    Cependant, bien que plébiscité par une majorité, le télétravail n’est pas qu’idyllique, basculer totalement en sa faveur pourrait aussi être une erreur.

Tirer les enseignements

Les partenaires sociaux ont lancé un cycle de réunions pour faire le point et tirer les enseignements de cette période inédite, dont on connaîtra les résultats fin septembre. Le patronat, de son côté penche pour une simple synthèse non contraignante, laissant la souplesse aux entreprises pour négocier.

Les syndicats plaident, de leur côté, pour un encadrement de la pratique du télétravail via un Accord national interprofessionnel (Ani) actualisant celui de 2005. D’après eux, il faut que les règles soient gravées dans le marbre, autrement les petites entreprises qui ne possèdent pas de représentants du personnel pourraient pâtir d’abus.

Le « droit au télétravail » n’existe pas

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, le « droit au télétravail » en tant que tel n’existe pas. Hors contexte exceptionnel, il dépend d’un accord basé sur le volontariat entre l’employeur et le salarié.

La ministre du Travail, Muriel Pénicaud, prétend que dans ses ordonnances de 2017 elle a instauré le « droit au télétravail ». Cependant, en temps normal, l’employeur ne se voit pas contraint d’accéder favorablement aux demandes de ses salariés. Il doit simplement motiver son refus dans le cas où son entreprise a signé un accord ou une charte sur le télétravail. Si elle ne l’a pas fait, il n’a même pas besoin de se justifier. Ses employés peuvent uniquement se retourner contre lui s’il y a une preuve de traitement inégal ou de discrimination.

Nul doute, que dans les mois à venir, le télétravail va être mieux codifié, surtout si une deuxième vague de coronavirus fait son apparition à l’automne ou l’hiver prochain.


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