Les applis santé, utiles mais il faut savoir faire le tri

78 %
En matière de santé, 78 % des Français feraient confiance à un site
Internet validé par des médecins.

Le smartphone va-t-il devenir le nouvel auxiliaire de notre santé ? En tout cas, le nombre d’applications santé connaît une forte progression, mais sont-elles toutes recommandables ?

Les applications de santé pour smartphone connaissent un grand succès, on en dénombre aujourd’hui 165.000. Sont-elles toutes utiles ? Que deviennent les données collectées ? Comme nous sommes en France, pas d’inquiétude, c’est l’Etat qui s’occupe de répondre à ces questions. En effet, le 7 novembre dernier, la Haute Autorité de Santé (HAS) a publié un "Référentiel de bonnes pratiques sur les applications et les objets connectés en santé". Celui-ci ne compte pas moins de 101 critères, regroupés autour de quatre principes : 1) Délivrer des informations de santé fiables et de qualité, 2) Etre techniquement performantes, 3) Confidentialité et sécurité des données personnelles, 4) Ergonomie et utilisation simple. Nous voici armés pour plonger dans le maquis des applis santé.

Le Festival Communication Santé, qui s’est tenu à Deauville les 25 et 26 novembre, a permis de faire le point sur ce domaine, notamment grâce à une étude OpinionWay dévoilée à l’occasion. 8% des Français ont déjà utilisé des applis de santé, une proportion déjà notable. On peut rapprocher ce chiffre au fait que 68 % des Français utilisent internet pour rechercher des informations sur la santé, et que 80% d’entre eux ont eu recours à l'automédication ces 12 derniers mois. Prendre sa santé en main constitue une réalité profondément ancrée et internet est devenu la première source d’information. Mais les applications pour smartphone occupent une place croissante.

Ensuite se pose la question de la fiabilité de ces sources d’information, car 4 Français sur 10 se déclarent insatisfaits des informations qu’ils trouvent sur internet. 78% des français feraient davantage confiance à des informations provenant d'un site internet ou d’une application de santé validés par des médecins, on les comprend.

Les applis santé semblent être un nouvel eldorado qui attire beaucoup de monde, ce qui montre le dynamisme de ce secteur : moins de 10% des applis sont lancées par des professionnels de la santé, elles proviennent essentiellement des laboratoires pharmaceutiques et des startups. Ceci dit, ces derniers conçoivent bien sûr leurs applications en collaboration avec des médecins. Il faudrait cependant que le monde médical soit plus impliqué dans cette nouvelle technologie, l’appli santé permet en effet une médecine plus personnalisée, plus participative, plus prédictive, plus collaborative, et le médecin comme le patient ont tout à y gagner.

Parmi les projets qui furent présentés au Festival Communication Santé, on signalera medappcare, un label de certification des applis santé, une initiative privée soutenue par des opérateurs importants. Citons aussi DMD-santé qui réalise le même travail d’évaluation. Voilà qui sera sans doute plus rapide et plus simple que la Haute Autorité de Santé…


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Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.