Les femmes et l'automobile : que pensent les Français ?

95 %
Jusqu'à 95% des délits routiers concernent les hommes.

A l’occasion de la Journée des Droits des Femmes, le 8 mars, et du lancement du Salon de l’auto de Genève, le site Tiregom a mené une enquête sur les clichés que subissent les femmes dans le domaine de l’automobile.

 

Les femmes, moins dangereuses au volant

D’après Tiregom, un comparateur de pneus, tout est parti d’un constat : la parole des femmes se libère, les mentalités changent (#Metoo, Affaire Weinstein) et les clichés tendent à s’estomper. Alors l’entreprise a voulu connaître l’avis des français sur un sujet qui a longtemps été empreint aux stéréotypes sexistes : l’automobile.

Avec l’aide de l’Institut de sondage Creatests, une enquête a été menée auprès de 1 200 personnes titulaires du permis B, disposant d’une voiture et représentatif de la population française. On retrouve 50% d’hommes et 50% de femmes.

Il paraît que les femmes conduisent moins bien que les hommes. Que pensent les français de cette affirmation ? Sans surprise, 30% d’hommes sont d’accord ou plutôt d’accord avec cette phrase, soit quasiment 1 homme sur 3. Chez les femmes, elles sont quand même 12% à affirmer conduire moins bien que les hommes.

Dans les faits, les hommes sont beaucoup plus dangereux sur la route que les femmes. D’après le bilan des infractions de la route 2016 de la Sécurité Routière, les hommes représentent 67% des points de permis retirés. Ils représentent 81% des auteurs d’accidents mortels. Et le chiffre le plus choquant : jusqu’à 95% des délits routiers concernent les hommes.

Entretenir son véhicule, une affaire d'hommes ?

38% des sondés affirment entretenir eux-mêmes leur véhicule si possible (petite réparation, changement de roue, vidange, niveau d’huile…) ; dont quasiment autant d’hommes (41%) que de femmes (36%).

En revanche, on constate une légère différence pour les personnes qui n’entretiennent pas leur véhicule eux-mêmes. 52% de femmes ne se sentent pas capable de le faire contre 45% d’hommes.

Enfin, 6% de femmes et 14% d’hommes affirment ne pas avoir le temps de le faire. Les femmes auraient donc moins confiance en elles pour travailler sur leur voiture. Quant aux hommes, préfèrent-ils dire qu’ils n’ont pas le temps, plutôt qu’ils n’en sont pas capables ? Tiregom émet simplement l’hypothèse.

Les personnes qui ne s’occupent pas de leur voiture affirment faire appel à un homme de leur entourage (18%) ou à un professionnnel (81%). Seules 0,4% des personnes font appel à une femme de leur entourage. Pourtant, nous avions vu dans la question précédente que le même nombre d’hommes et de femmes entretenaient eux-mêmes leur véhicule.

Chez le garagiste, comment ça se passe ? Au garage, 22% des français font confiance à un homme pour réparer leur voiture. 77,6% n’ont pas de préférence et 0,4% font plutôt confiance à une femme.

Cela signifie que 22% des personnes ne feraient pas confiance à une professionnelle garagiste ! Le plus étonnant, c’est qu’il y a autant de femmes que d’hommes qui font confiance à un homme garagiste : 22% sont des hommes et 23% sont des femmes.

Les hommes, plus doués pour la mécanique ?

Nous avons posé la question suivante : « Selon vous, est-ce que les hommes sont plus doués pour la mécanique que les femmes ? ». Étonnement, les deux sexes ont répondu quasiment de façon identique à cette question.

38% des répondants pensent que les hommes sont plus doués que les femmes en mécanique en général ou pour certaines tâches plus techniques. Ce qui est étonnant c’est que les femmes en sont aussi convaincues. Pourtant, le gène de la mécanique n’existe pas. Les hommes ne sont pas les seuls à être sexiste, on a affaire ici à un cliché bien ancré dans notre société.


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.