Les galeries d'art souffrent face aux foires et aux maisons de vente

12
Une douzaine de galeries d'art parisiennes ont fermé en 2016.

Les fermetures de galeries d’art augmentent, au-delà de la conjoncture, quelles en sont les raisons profondes ?

Les galeries d’art contemporain souffrent, une douzaine de galeries parisiennes a fermé cette année selon Art Media Agency. C’est le résultat de mutations profondes : les foires et les ventes aux enchères monopolisent l’attention des acheteurs, qui ne visitent plus guère les galeries. Ces dernières, confrontées à des frais fixes importants, ont du mal à s’en sortir. L’échappatoire consiste donc à obtenir un stand dans une foire internationale prestigieuse, mais les élus sont rares, les coûts élevés, le risque significatif. Sinon d’autres solutions se développent, avec artists-run-spaces, des lieux éphémères comme le fait Lechassis, "support de la création émergente", ou des galeries sur Internet comme Galerie Circulations.

Cette semaine illustre bien ces nouveaux acteurs de poids que sont les foires et les maisons de vente aux enchères. On pourra en effet se rendre, ce week-end à Paris, à  la foire numéro un dans le monde consacrée à  la photographie contemporaine, avec Paris Photo au Grand Palais. Pour sa 20e édition, Paris Photo accueille 153 galeries provenant de 23 pays, un rendez-vous incontournable.

On ne manquera pas non plus la foire "off", très intéressante et imaginative, à savoir fotofever au Carrousel du Louvre. La 5e édition de fotofever réunit 75 galeries autour de principes simples : ne sont exposées que des œuvres photographiques originales (éditées à moins de 30 exemplaires tous formats confondus) et les prix de chaque œuvre sont affichés, de façon à briser les réticences des collectionneurs débutants. Une excellente idée. Moins institutionnelle que Paris Photo, fotofever est "le terrain de chasse rêvé pour les collectionneurs voulant dénicher les talents de demain" comme l’explique sa fondatrice Cécile Schall. 60% des galeries viennent de l’étranger, ce qui constitue un vrai point fort, une opportunité de vraies découvertes.

Enfin on pourra admirer la collection de photographies du cinéaste Claude Berri dans les locaux parisiens de Christie’s, l’une des deux grandes maisons de ventes dans le monde avec Sotheby’s.

Comme les petits commerçants face aux grandes surfaces, les galeries peinent à maintenir leur chiffre d’affaires face aux mastodontes du marché de l’art.


A découvrir

Philippe Herlin

Philippe Herlin est économiste, Docteur en économie du Conservatoire National des Arts et Métiers, il a publié plusieurs ouvrages chez Eyrolles et rédige des chroniques hebdomadaires pour Goldbroker.

Il écrit tous les vendredis un article sur l'art et la culture vus à travers l'économie, et intervient ponctuellement sur d'autres sujets.

Son site : philippeherlin.com.