Les Japonais achètent la dette... de la France. Vendez tout !

28 MILLIARDS €
Les investisseurs japonais ont tout de même acheté pour près de 28
milliards d'euros les dix premiers mois de 2018.

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

Les pauvres Nippons ! Ils se prennent régulièrement des typhons, des tremblements de terre, et même des tsunamis avec des accidents nucléaires...

Et vous savez ce que font les Nippons ? Ils décident de passer à l'achat sur la dette française.

De vous à moi, je crois que c’est un signal très fort de vente.

Si les Nippons achètent, surtout, vendons-leur tout !

Non, ne m’accusez pas de « nipponphobie ». Je n’ai rien contre les Nippons !

Redevenons sérieux deux secondes, et je vais vous expliquer pourquoi le fait que les Japonais achètent de la dette française, ce n’est pas forcément une bonne nouvelle ni pour eux ni pour nous !

Au Japon, les rendements c'est 0 !

Cela fait des années que les taux d’intérêt sont maintenus au plus bas par la Banque centrale japonaise, la BoJ (Bank of Japan). Il faut dire qu’avec plus de 250 % de dettes sur PIB, mieux vaut que les Japonais ne payent pas trop d’intérêts sur leur dette.

Le problème c’est que quand les taux sont à zéro, vos placements rapportent... 0 aussi ! Le rendement de vos placements, c'est le taux payé par les États moins les commissions de gestion des banques.

Voilà pourquoi les placements ne rapportent rien aux épargnants japonais.

Logiquement, les Japonais, qui font marcher leur planche à billets à toute vitesse, cherchent du rendement ailleurs.

Et où trouvent-ils du rendement dit « garanti » ? En France pardi !

Ce mécanisme ne vous rappelle rien ?

C’est avec ce genre de stratégies financières un peu bidon et de courte vue que les Allemands, dont les taux étaient à zéro, sont allés chercher du rendement en… Grèce. Enfin, pas les Allemands, les banques allemandes pour être plus précis.

Les banques françaises ont d’ailleurs fait exactement la même chose, je ne dénoncerai personne, mais cela a coûté quelques milliards à pas mal de nos établissements.

L'idée du siècle est donc toujours la même : on va chercher le rendement là où il se trouve en croisant les doigts pour que tout se passe bien.

Quand l’appât du gain prend le pas sur l’analyse fondamentale de risque, alors les problèmes ne sont jamais loin. Il se passera la même chose pour les Japonais et leurs banques que ce qui est arrivé pour les banques européennes en Grèce.

Sauf que, en France, avec la crise des Gilets Jaunes, il semble que le problème de consentement à l’impôt vient de sauter à la figure de nos mamamouchis.

Si la France ne dispose plus de la capacité à augmenter les impôts sans déclencher une révolution, si la France ne peut plus battre monnaie puisque ce pouvoir a été confié à la Banque centrale européenne, et que la France ne peut pas baisser ses dépenses sans déclencher le mécontentement de tous les bénéficiaires de la dépense publique, alors il n’y a plus qu’à s’installer confortablement, un verre de bon vin à la main, et contempler notre faillite se faire.

Il ne faut jamais acheter de la dette d’un pays qui ne dispose plus de la capacité de battre monnaie. C’est assez simple à comprendre. Un pays qui peut imprimer autant de billets qu’il le souhaite ne peut pas faire faillite. Sa monnaie peut perdre de la valeur (relativement aux autres), mais il ne peut pas faire faillite !

Enfin, surtout ne disons rien et refourguons tous nos fonds euros et autres bonnes obligations du Trésor directement aux Japonais qui pensent que l’on va les rembourser hahahahahahahahahahahahahahaha… Pauvres nippons ! L'État français vient de trouver un pigeon pour remplacer les Gilets Jaunes. Pas sûr que cela dure aussi longtemps avec les Japonais.

Les investisseurs japonais viennent tout de même d’acheter pour près de 3 600 milliards de yens sur les 10 premiers mois de l’année, soit environ 28 milliards d’euros, un montant qui ne représente rien de moins que la moitié des émissions nettes de dettes de cette année. Cela va sans doute baisser sur les deux derniers mois de l’année.

Bercy aura peut-être même du mal à boucler les fins de mois.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

Article écrit par Charles Sannat pour Insolentiae


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Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.