Comment Macron va taxer les retraités

1 376 euros
Le montant moyen d'une retraite en France s'élève à 1 376 euros bruts.

On en parle juste un peu, les médias restent très discrets sur ces dispositions, LREM communique en continu pour asséner des contre-vérités. Résultat, les retraités comme les voitures sont les vaches à lait de la France de Macron. La France des riches disent certains, nous n’en sommes pas loin.

Il est facile me direz vous de taper sur un nouveau gouvernement, c’est même un sport national dans notre pays, je voudrais juste ici rectifier quelques éléments de  leur communication qui à l’arrivée nous feraient prendre des vessies pour des lanternes. Les députés LREM en chœur nous disent que « les retraités doivent faire un effort » « que « ceux qui sont pauvres (ou presque) ne feront pas cet effort » enfin ils nous rappellent « que le système de retraite créé après la guerre en 1946 a été pour eux avantageux et que leur effort servira à le sauver. »

Toutes ces affirmations sont des mensonges « populistes » et tendent à faire monter la pression entre les actifs et « ces nantis de retraités » La vérité est bien autre, il me parait important d’en rectifier l’angle. L’ensemble des retraités de notre pays, de plus en plus nombreux du fait du baby boom, touche une retraite qu’ils n’ont malheureusement pas capitalisée, le système Français étant un système par répartition. Ce sont les actifs qui financent la retraite des retraités avec leurs cotisations, ce système ressemblant à une pyramide de Ponzi est arrivé au bout de son fonctionnement.

Il est important de rappeler ce fait pour comprendre exactement ce qui se passe aujourd’hui. Ce système est mort pour plusieurs raisons que jamais aucun politique depuis 30 ans n’a voulu voir en face. Plus de retraités que d’actifs,  ce système est devenu ingérable, sauf a augmenter drastiquement les cotisations des actifs et a diminuer aussi drastiquement les pensions de retraite (c’est ce qui se passe). Ajoutons a cela les régimes spéciaux de retraite très confortables pour les pensions mais ponctionnant l’ensemble des cotisations du secteur privé sans régime spécial. La pyramide des âges ne faisant que se dégrader, l’espérance de vie étant de plus en plus importante, tout concoure à mettre ce système en faillite.

Il ne faut pas oublier que le régime de retraite par répartition a été mis en place après guerre avec comme critère des actifs nombreux, des retraités qui partaient à 65 ans et qui souvent mouraient aux environs de 70 ans. A l’inverse aujourd’hui les retraités sont plus nombreux que les actifs, nombre en constante diminution en particulier liée au chômage de masse, ils partent à 60 ans (quand ce n’est pas moins avec les régimes spéciaux) et vivent quelquefois jusqu’à plus de 90 ans. N’importe quel élève de sixième sachant faire les quatre opérations est capable de comprendre que ce système est en faillite permanente et sera à terme obligé de cesser.

Alors aujourd’hui le gouvernement Macron voudrait faire croire a la France entière que « ponctionner les retraites » avec une  CSG augmentée va sauver le système, va remettre en ordre les comptes sociaux et va permettre de diminuer les charge sociales salariales. Qui peut le croire ?

Je crois quand même qu’il est important de rappeler que les retraités actuels qui vont être mis à contribution ont cotisé pour la solidarité nationale pendant plus de 42 ans. (Sauf pour les régimes spéciaux qui ne cotisent que très peu ou pas du tout) que durant ces 42 années ils ont payé les retraites de leurs ainés sans capitalisé pour leur retraite. Ceci devrait faire réfléchir les jeunes députés LREM qui assènent des contre vérité sans avoir aucune culture ni politique ni sociale. Le comble étant que la CSG va augmenter sans  que,  pour les retraités,  les charges sociales ne diminuent.

Alors faire croire au peuple Français que ce sont les retraités qui « encore une fois » vont payer pour la solidarité envers les jeunes qui eux ne trouvent pas de travail (qui coutent donc un maximum socialement et ne cotisent en rien) est la panacée c’est prendre ce peuple pour un imbécile ce qu’il n’est pas.

La seule réponse de ces retraités, qui vont voir leur pouvoir d’achat diminuer de façon importante, c’est de montrer au gouvernement qu’il fait une erreur. Les retraités sont ceux qui aujourd’hui soutiennent la consommation, ce sont eux qui aident les jeunes (enfants et petits enfants) qui n’y arrivent pas. Ce sont encore les retraités qui participent à la vie sociale en donnant du temps bénévolement. Leur réponse sera terrible pour le gouvernement, recul de la consommation (dans la même mesure que la perte de pouvoir d’achat) ou alors expatriation, ils sont déjà nombreux a vivre ailleurs et confortablement.

A l’arrivée le gouvernement Macron constatera que mis a part avoir aidé les riches en supprimant l’ISF, ils n’ont rien fait d’autre que d’appauvrir tout le monde sans réformer le système social (retraite et sécurité sociale) qui est  plus qu’à bout de souffle, en état de mort apparente.

La seule véritable réforme qui serait opérationnelle serait la remise a plat totale de notre système social . Une sécurité sociale la plus chère du monde qui rembourse de moins en moins et que le précédent gouvernement a transféré sur les assurances privées (encore plus chères). Dans ce contexte de plus en plus d’assujettis (CMU, AME) qui ne cotisent en rien qui sont en augmentation constante et qui ont tout gratuit. Un répartition des retraites impossible a gérer sans une réforme profonde et des régimes spéciaux et du régime général, les retraites complémentaires étant elles aussi en faillite. Aucun politique n’a voulu prévoir cette remise à plat, ce sont les autres pays Européens qui nous y contraindront malheureusement. En attendant « on bouche des trous ».

Contrairement à ce que l’on veut nous faire croire la faillite des comptes sociaux n’est pas liée  a des dépenses trop importantes mais bien a un système mal pensé et qui ne peut plus fonctionner. Augmenter les impôts de façon déguisée (carburant pas exemple) et augmenter toujours plus l’endettement ne peut plus durer. Seules des réformes profondes de notre système social sont impératives.


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Patrick Crasnier

Patrick Crasnier est diplômé en sciences humaines 3eme cycle en psychopathologie, après de longues années passées en cabinet libéral comme psychanalyste, blessé lors d’un attentat terroriste cesse cette activité en 1995. Continue comme photojournaliste, journaliste radiophonique (activités menées conjointement avec celle de psychanalyste depuis 1983) puis comme journaliste rédacteur au journal Toulousain et à l’écho des entreprises. Actuellement photojournaliste correspondant pour l’agence de presse panoramic, participe ponctuellement comme éditorialiste a sud radio et rédacteur dans plusieurs revues.