Les salariés pourront bientôt bénéficier d'un droit à la déconnexion

20 %
20 % des patrons sont confrontés à une surcharge de travail qu'ils
réalisent de manière compulsive.

Dans une époque où les droits comptent parfois plus que les devoirs, voilà un petit nouveau : le droit à la déconnexion ! Bientôt, les salariés auront le droit de débrancher leur ordinateur professionnel quand ils rentrent à leur domicile ou en vacances, sans que leur employeur ne les en blâme. Une mini révolution ?  

La loi va protéger les déconnectés

Actuellement, il est de bon ton d'être joignable 24/24h, surtout lorsque vous avez un poste à responsabilités. Téléphone, emails, SMS, chat : tous les moyens sont bons pour que votre patron vous contacte, et vous dérange, à toute heure du jour ou de la nuit, même en dehors de vos horaires de travail présumées. Et bien cette époque est bientôt révolue ! 

Vous aurez bientôt le droit de ne plus consulter vos mails pro à la maison. Une loi dite la loi Travail, portée par la ministre du Travail, Myriam El Khomri, doit notamment instaurer un "droit à la déconnexion". Concrètement, le salarié aurait le droit de ne pas répondre à ses emails professionnels en dehors de ses horaires de travail. Et en cas de litige avec son entreprise, il bénéficiera d’une réelle protection juridique.

Préserver un équilibre de vie

"Il y a des risques qu’il faut anticiper et l’un des risques les plus importants, c’est l’équilibre vie privée - vie professionnelle lié à cette connectivité permanente", estime Bruno Mettling, directeur général adjoint d’Orange à l’origine de cette idée, dans une interview à Europe 1.

De fait, on sait maintenant que les excès de connexion peuvent conduire à des burn out, c'est-à-dire à un épuisement professionnel. "Alors que les salariés qui trouvent un équilibre entre la vie privée et la vie professionnelle sont dans leur activité professionnelle beaucoup plus performants, beaucoup plus pertinents que ceux qui arrivent épuisés" poursuit le dirigant d'Orange.

On estime que plus de 3,2 millions d'actifs ont un risque élevé de faire un burn-out. 

Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.