Location entre particuliers : Abritel devant la justice pour tromperie

20,4 MILLIARDS €
En 2020, HOmeAway France a réalisé un chiffre d'affaires de 20,4
milliards d'euros.

La plateforme Abritel est dans la tourmente en France. Se partageant un marché juteux avec d’autres plateformes comme Airbnb, celui de la location entre particuliers, elle est dans le collimateur de la DGCCRF qui l’assigne en justice pour « pratique commerciale trompeuse ». En cause ? Un manque de contrôles sur les annonces postées sur le site.

Abritel met en avant les contrôles… mais ne les réalise pas

Contrôlée par le géant des voyages Expedia, Abritel a été ciblée par la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) après plusieurs plaintes et signalements de clients floués. Or, dans son enquête, selon le journal Les Echos, la DGCCRF aurait identifié une discrépance entre les propos tenus par Abitel pour rassurer les clients et les contrôles effectivement réalisés au niveau des annonces.

Pour les enquêteurs, Abritel présente des « allégations » au niveau de la sécurité des annonces, qui rassurent les clients « au moment de réserver ou mettre en location un hébergement », explique la Répression des Fraudes au journal Les Echos. Toutefois, « la portée pratique de ces allégations est dans les faits largement limitée au sein des documents contractuels encadrant l'utilisation de la plateforme ». Les contrôles annoncés ne sont pas réalisés, ce qui a donné lieu à de nombreuses fraudes.

Pour la Répression des Fraudes, « la contradiction entre la communication commerciale de la plateforme et la réalité du service apporté sont susceptibles d'induire en erreur le consommateur et caractérise le délit de pratiques commerciales trompeuses, réprimé par l'article L. 121-2 du code de la consommation ». Abritel devra donc s’expliquer devant la justice.

Abritel affiche sa confiance mais risque gros

La société Abritel, interrogée par l’AFP, se dit étonnée d’une telle assignation en justice mais ne semble pas inquiète. Elle déclare avoir changé la communication « en direction du consommateur » afin de l’inciter à utiliser le service de paiement interne à la plateforme, et donc plus sécurisé, selon elle.

Mais malgré la confiance, Abritel risque gros : si la justice donne raison à la DGCCRF et juge Abritel coupable de pratique commerciale trompeuse, ce sont les clients lésés qui pourraient plus facilement demander des réparations. Notamment les près de 64 clients qui, en mars 2021, ont lancé une action de groupe pour un préjudice estimé à plus de 200.000 euros au total. Les plaignants accusent Abritel d’avoir permis la publication d’annonces pour des biens inexistants.


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