Logo nutritionnel Nutri-Score : la riposte s'organise

84 %
Au cours d'un sondage Odoxa pour Le Figaro, France Inter et la MNH
réalisé en avril 2017, 84 % des personnes interrogées ont fait savoir
leur intention de tenir compte du nouveau logo nutritionnel en faisant
leurs achats.

Alors même que 33 industriels ont fait savoir leur intention d’adopter le logo nutritionnel Nutri-Score®, recommandé par le gouvernement, de nombreux autres producteurs de denrées alimentaires revendiquent un système d’information nutritionnelle alternatif, le « Nutri-Couleurs ».

Logo nutritionnel : le syndicat professionnel des industriels prône un système alternatif

En célébrant à la mi-février 2018 les trois premiers mois d’existence du logo nutritionnel Nutri-Score® (recommandé par le gouvernement mais non obligatoire), l’agence Santé publique France se félicitait de l’intention de 33 industriels de l’adopter. Cependant, pour le gouvernement, l’heure n’est pas vraiment à la fête, puisque beaucoup d’autres industriels ont décidé d’opter pour un logo nutritionnel alternatif baptisé « Nutri-Couleurs », un logo moins éloquent sur l’impact négatif des produits sur la santé. Conçu en novembre 2017 par la fédération des produits de l’épicerie « Alliance 7 » sur le modèle du « Evolved Nutrition Labelling » britannique (communément appelé « traffic lights », ou « feux tricolores »), la valeur nutritionnelle n’y est pas calculée aux 100 g mais à la « portion »… dont le poids reste à la discrétion de l’industriel !

Dès la présentation de ce logo alernatif, l’ONG Foodwatch a d’ailleurs dénoncé l’initiative. Selon Karine Jacquemart sa directrice, ce système « pourrait permettre aux fabricants de faire passer leurs aliments et boissons pour plus sains qu’ils ne le sont en réalité, avec moins de produits étiquetés en rouge ».

Par solidarité avec leur syndicat ou par souci d’internationalisation, les industriels optent pour le « Nutri-Couleurs »

Malgré les critiques, de nombreux industriels adhérents d’Alliance 7 nous ont confié leur intention d’adopter prochainement le « Nutri-Couleurs ». « Étant membre d’Alliance 7, Carambar & Co, soutient pleinement les décisions de la fédération et mettra en place des mesures en accord avec ces dernières », a fait savoir le confiseur. Même son de cloche chez Jeff de Bruges (qui précise néanmoins que « la décision doit être finalisée »).

Pour sa part, General Mills-Yoplait nous a expliqué prendre acte de la recommandation du gouvernement français, mais a également exprimé son souhait d’utiliser « un système pertinent d’un point de vue nutritionnel, étayé scientifiquement, tout en étant non-stigmatisant et soutenant une approche globale de l’alimentation ». À ses yeux, le logo qui répond à l’ensemble de ces exigences est le « traffic lights » britannique. « Produisant et commercialisant ses produits dans différents pays », la firme estime qu’« il est absolument indispensable de disposer d’un système d’étiquetage volontaire commun en Europe, afin de garantir la libre circulation des produits », estime-t-on chez General Mills-Yoplait.

Pour certains industriels, le Nutri-Score est trop éloquent, pour d'autres le « traffic lights » est trop peu transparent

D’autres industriels, comme la Maison des Métiers de Bouche (dont le métier est de « sélectionner les meilleurs produits chez les meilleurs fabricants » pour les revendre à des artisans), craignent que le Nutri-Score® ne nuise à la réputation des produits. « Nous craignons que ces logos n’apportent de la confusion et de la suspicion envers les produits alimentaires, voire entraîne des carences alimentaires. En effet, avoir ces logos sur chaque emballage amène à considérer chaque aliment séparément et perdre de vue ce qui compte vraiment, c’est-à-dire la qualité et les caractéristiques d’un repas dans sa totalité en l’équilibre nutritionnel global », nous ont-ils expliqué.

Pour sa part, Mars a récemment a mis fin à sa participation à l'initiative Evolved Nutrition Labelling, estimant que « la solution « par portion » ne jouit pas actuellement de la crédibilité nécessaire ni d’un consensus suffisant parmi les parties prenantes pour en faire une option viable à ce stade ».


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