LVMH : une solidité financière à toutes épreuves ?

12,5 %
L'offre finale de LVMH sur Tiffany a été de 12,5% supérieure à la
première

La psychose autour du Coronavirus s’est emparée des marchés financiers et le CAC 40 vient de vivre sa pire semaine depuis le mois de novembre 2008 (-12%) comme le titraient Les Echos ce lundi. Alors que la propagation du virus menace la croissance mondiale, la quasi-totalité des valeurs a terminé la journée dans le rouge en ce début de semaine, à l’exception, notamment, de LVMH.

A l’heure où le chiffre d’affaire mondial du marché du luxe avoisine les 1300 milliards d’euros[1], le géant français semble résister à tous les vents contraires. Icône mondiale du raffinement à la française, LVMH ne se contente pas de tenir face aux crises ; le groupe réalise même quelques exploits économiques, à l’image de la levée de fonds réalisée au mois de février dernier dans la perspective du rachat de Tiffany’s[2]. Il s’agit de la plus importante levée de fonds (9,3 milliards d’euros) jamais réalisée par une entreprise française sur le marché obligataire en Europe.

Des performances record

Le groupe collectionne en effet les premières places. LVMH est à ce jour une des entreprises les mieux notées au monde (A+)[3] et est en « excellente santé financière »[4], avec une progression de son chiffre d’affaire annuel et de ses résultats opérationnels de 15% sur l’année 2019. Sans oublier sa valorisation boursière : la première en Europe[5], avec plus de 210 milliards d’euro.

Un groupe qui n’en finit donc pas de grossir, que cela soit par la croissance organique de ses marques mais aussi par le biais de ses nombreuses acquisitions (à l’image de la récente annonce du rachat de Tiffany’s) qui en font aujourd’hui le numéro un mondial du secteur.

Les raisons d’un succès pérenne

Quelles sont les clefs d’un tel succès ? Elles sont nombreuses et complémentaires.

Une diversification des activités tout d’abord avec un portefeuille prestigieux de 75 maisons, réparties en 5 branches : vins et spiritueux, mode et maroquinerie, parfums et cosmétiques, montres et joaillerie, et distribution sélective comme Séphora ou Le Bon Marché. A cela s’ajoutent une marque d’hôtellerie de luxe et quelques médias. LVMH est parvenu à être présent dans toutes les branches du luxe.  

Le fleuron français tire aussi profit de sa diversification géographique : « Les marques du luxe ne sectorisent pas la conception de leur produits par zone géographique mais les considèrent comme universels, aptes à plaire à tous »[6].

Le groupe est intraitable en ce qui concerne la qualité et l’exclusivité de ses produits tout en en orchestrant une massification mondiale et en adaptant sa communication à ses différentes cibles qu’elles soient géographiques ou générationnelles.

Son PDG Bernard Arnault a également établi une politique de d’acquisition soutenue, permettant au géant du luxe de croitre toujours plus.

Le modèle des entreprises familiales qui séduit et rassure

A l’instar de grands groupes français comme L’Oréal, Pernod Ricard, Dassault Système ou encore Hermès, LVMH est contrôlé de manière significative par une famille. Les entreprises familiales, en dépit des nombreux troubles qui affectent les marchés, poursuivent d’un pas décidé leur marche en avant et séduisent toujours plus les investisseurs, qui les apprécient tant pour la régularité de leurs performances que pour leur gestion[7] rigoureuse.

Plus conservatrices et prudentes dans leur management, voyant à plus long terme et moins endettées,  elles traversent plus aisément les périodes chahutées que peuvent connaître les marchés. En outre, les familles représentent un réel contre-pouvoir face aux managers, évitant ainsi les prises de risques excessives.

Un modèle singulier dont il faut s’inspirer

C’est donc un mélange d’audace et de prudence qui fait d’un groupe tel que LVMH un colosse dans son secteur à l’échelle internationale. Un modèle certes singulier mais qui se révèle très solide et apte à résister aux tempêtes qui secouent régulièrement les marchés, à l’image de ce que le Coronavirus provoque actuellement.

Un exemple dont bien des groupes français devraient songer à s’inspirer à une époque où les marchés boursiers semblent de plus en plus échapper à toute prédictibilité et où l’instabilité économique paraît devenir une norme.


[1] https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/Le-marche-luxe-penche-vers-lAsie-jeunes-2020-02-24-1201080114

[2] https://www.optionfinance.fr/entreprises-finance/financement-des-entreprises-et-tresorerie/emission-express-et-record-pour-lvmh.html

[3] Ibid.

[4] https://www.la-croix.com/Economie/Economie-et-entreprises/LVMH-luxe-calme-prosperite-2020-02-23-1201080017

[5] Ibid.

[6] Op.cit.

[7] https://www.lefigaro.fr/societes/les-entreprises-familiales-seduisentles-investisseurs-20200221


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