Prêt européen à fonds perdu : Macron et Merkel relancent la proposition italienne

2,5 %
L'impact de la crise du coronavirus sur l'Union européenne pourrait
être de 2,5% de croissance en moins en 2020.

L’Italie et les pays du sud de l’Europe, les plus touchés par le Covid-19 et par la crise économique, le demandaient depuis le début… mais il aura fallu que l’axe franco-allemand, qui continue de dicter sa loi en Europe, présente comme venant de lui ce plan de relance pour que, finalement, il puisse avoir lieu. Une bonne nouvelle pour l’économie européenne, un peu moins pour la politique européenne.

500 milliards d’euros financés par l’ensemble des États membres de l’UE

Le plan est revu à la baisse par rapport aux chiffres qui avaient pu être avancés, plus de 1.000 milliards d’euros, mais il devrait permettre de financer une partie de la reprise. Dans la déclaration commune faite le 18 mai 2020, Macron et Merkel déclarent que « pour soutenir une reprise durable qui rétablisse et renforce la croissance dans l'UE, l'Allemagne et la France soutiennent la création d'un Fonds de relance ambitieux, temporaire et ciblé. »

L’importance de ce plan, qui vient compléter les autres annonces, notamment celles de la BCE ou encore celles, à venir, de la Commission européenne, tient dans les règles. Emmanuel Macron a expliqué que « les pays bénéficiaires du plan de relance n'auront pas à rembourser les aides ».

Le remboursement se fera, bien évidemment, mais par l’ensemble de l’Union européenne. C’est donc une mutualisation de la dette qui aura lieu, un point qui crispe les tensions. D’ailleurs, bien que Macron et Merkel aient annoncé ce nouveau plan, il reste à convaincre les pays du nord, notamment les Pays-Bas ou encore l’Autriche, ouvertement opposés à ce principe depuis le départ.

Une proposition italienne… mais qui désormais est française et allemande

Saluée par Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, cette proposition a également été bien accueillie en Italie… non sans un grincement de dents. Car la mutualisation de la dette sans remboursement est demandée depuis le début par l’Italie qui s’est sentie abandonnée par l’Union européenne durant la crise : aucune aide ne lui a été apportée. L’Italie a même été critiquée pour la gestion de son confinement et de la crise en général, quelques semaines seulement avant que la France et les autres pays européens décident de faire de même.

« Ce qui a été annoncé par Macron et Merkel représente un bon pas en avant dans la direction espérée depuis le début par l’Italie », a commenté Palazzo Chigi. Non sans un léger grincement de dents.


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