Le made in France ne séduit pas les entreprises tricolores

Seules 19% des entreprises tricolores se fixent comme objectif
d'acheter d'abord du "made in France".

Si les consommateurs se disent prêts à jouer le jeu du « made in France », quitte à payer plus cher, les entreprises françaises y sont encore réticentes. Et pas seulement parce que cela induit un surcoût ! Et Arnaud Montebourg a beau poser en marinière, cela n'y changera rien ou du moins pas grand-chose… D'après une étude réalisée par le cabinet AgileBuyer et une association d'anciens élèves d'HEC, publiée hier par Le Figaro, à peine une entreprise sur cinq (19%) a l'intention d'acheter en priorité des produits fabriqués en France. Nos propres fleurons ne sont donc pas très patriotes !

En fait, la préoccupation principale des entreprises françaises est –sans surprise- tout autre : crise oblige, elles veulent surtout réduire leurs dépenses (73%). Résultat, « pour elles, le "made in France" est un non-sujet » selon le directeur associé du cabinet. En fait, il précise qu'aux yeux des entreprises, les industries tricolores sont considérées comme "petites, fragiles financièrement, rigides « socialement », non compétitives, peu solidaires les unes des autres…". Rien que ça ! Et le « made in Europe » ne remporte guère plus leur faveur (17%).

Pour autant, l'étude note une évolution au sein des services achats. Alors que l'an dernier, 40% d'entre eux souhaitaient augmenter leurs achats de produits low cost fabriqués en Inde, en Chine, au Brésil etc, ils ne sont plus que 30% cette année à en avoir l'intention… Mais pas tant par volonté de privilégier les entreprises respectueuses de l'environnement ou offrant des conditions de travail saines à leurs employés que parce que la qualité est rarement au rendez-vous.


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.