L'Etat veut vous interdire d'habiter dans une maison

45 %
D'après les donnèes du groupe SeLoger, 70% des acquéreurs de 39-45 ans
cherchent une maison individuelle.

Les dernières déclarations d’Emmanuelle Wargon, ministre du Logement, ne laissent pas place à un doute important. C’est bien la maison individuelle qui est dans la ligne de mire du gouvernement.

L’objectif ? Nous entasser dans des grandes villes, dans des grands ensembles que l’on vient de détruire parce que la densité heureuse, cela ne fonctionne pas. On peut changer le nom et appeler cela maintenant, « l’intensité heureuse », cela ne changera strictement rien.

Les hommes ne sont pas fait pour être entassés. Mieux. Il faut se poser la question essentielle. La grande ville non résiliente et dépendante de services supports très complexes est-elle plus écologique et surtout plus soutenable ? La réponse est très certainement négative.

Avant l’ère du pétrole, aucune ville de plus d’un million d’habitants dans le monde n’a jamais vu le jour ou presque parce qu’il y a une limite physique à l’étalement des villes lorsque l’énergie est comptée, et que l’alimentation vient de loin. Nos organisations ancestrales basées sur le hameau, le village, le gros bourg, la petite ville, puis la sous-préfecture et la préfecture permettaient à tous de se trouver à proximité de tout. Des circuits courts naturels avant l’heure.

C’est la ville, tentaculaire, qui est un non-sens écologique et c’est cela qui doit être rappelé et dit à la ministre et au gouvernement.

Ces gens qui dirigent n’imaginent même pas qu’il puisse y avoir une vie en dehors de la rive Gauche de Paris et du périphérique parisien. Pour eux la ville est l’alpha et l’oméga, la certitude d’atteindre le bonheur et le nirvana. Ils ne peuvent pas imaginer un seul instant que cette vie citadine soit, en réalité, un repoussoir pour beaucoup.

Je pense qu’ils sont même sincères dans leur « amour » ineffable de la ville. Vous pouvez écouter les propos de la ministre Emmanuelle Wargon, ici à partir de 3 heures, 19 minutes. en gros…

Certains esprits chagrins ont très vite fait remarquer qu’elle habitait une belle maison de 150m² à Saint-Mandé, une banlieue très chic de l’est parisien.

Wargon s’est précipitée pour « réduire » sa maison à une « maison mitoyenne des deux côtés », c’est dire si elle est « peuple » hein !

Je ne reprocherai pas à Wargon et sa famille d’habiter dans une maison à Saint-Mandé. C’est très bien et j’en suis très heureux pour elle et les siens. Qu’elle nous fiche juste la paix avec nos constructions de maisons et ne nous explique pas doctement qu’elle doit nous faire « adhérer à un nouvel idéal » où nous irions nous entasser dans des immeubles et des quartiers sans âme pour faire de « l’intensité heureuse ».

La grand ville est le plus grand non-sens environnemental jamais créé par l’homme. Ce sont les grandes villes qu’il faut dédensifier. Ce sont les campagnes qu’il faut repeupler et revitaliser. C’est la résilience individuelle qu’il faut renforcer. Ce sont les solidarités familiales qu’il faut redévelopper en réhabilitant la famille et les solidarités.

Enfin, il faut faire avec ce que veulent les gens. Les gens veulent à 75% une maison. La bonne question pour le politique n’est pas de savoir comment Wargon va nous expliquer comment nous en passer, mais comment nous pouvons accéder collectivement à ce rêve en prenant en considération les réalités écologiques et environnementales.

Le niveau du débat est affligeant, tout comme le niveau des membres qui composent ce gouvernement.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !


A découvrir

Charles Sannat

Charles SANNAT est diplômé de l'Ecole Supérieure du Commerce Extérieur et du Centre d'Etudes Diplomatiques et Stratégiques. Il commence sa carrière en 1997 dans le secteur des nouvelles technologies comme consultant puis Manager au sein du Groupe Altran - Pôle Technologies de l'Information-(secteur banque/assurance). Il rejoint en 2006 BNP Paribas comme chargé d'affaires et intègre la Direction de la Recherche Economique d'AuCoffre.com en 2011.

Il rédige quotidiennement Insolentiae, son nouveau blog disponible à l'adresse http://insolentiae.com

Il enseigne l'économie dans plusieurs écoles de commerce parisiennes et écrit régulièrement des articles sur l'actualité économique.