Malgré le Brexit, l'économie britannique se porte bien

2,2 %
La croissance outre-Manche devrait atteindre 2,2 % en 2016.

On avait annoncé que les 12 plaies d’Egypte s’abattraient sur le Royaume-Uni, si jamais le Brexit était voté le 23 juin dernier. Cela n’a pas découragé les Britanniques, qui ont décidé de sortir de l’union européenne. Six mois après, surprise : l’économie anglaise, loin de souffrir de cette décision, va mieux.

La croissance accélère

Tout le monde avait prédit un plongeon pour l’économie, si jamais le Brexit était voté. La Commission européenne bien sûr, qui paniquait à l’idée de la sortie d’un pays membre de l’Union, ce qui n’était jamais arrivé depuis la fondation de l’Europe ; les pays fondateurs, les gouvernements français et allemand notamment, avaient à plusieurs reprises appelé les Anglais à rejeter l’idée nauséabonde du Brexit.

En Angleterre aussi, la banque d’Angleterre, des économistes du ministère des Finances, tous annonçaient une récession aussitôt la décision de sortir de l’UE prise.

Las, c’est tout le contraire qui est en train de se produire. Les indicateurs de l’économie britannique, loin d’avoir plongé dans le rouge, ou pour ceux qui étaient déjà dans le rouge, d’afficher du rouge vif, sont au contraire passés dans le vert, ou en train de passer dans le vert.

On parle d’une croissance de 2,2 % pour 2016 ! Avec en particulier une accélération au cours des 6 derniers mois, juste après le vote du Brexit. C’est le meilleur score de tous les pays membres du G7 !

Côté chômage : en France, nous dépassons allégrement les 10 % de chômeurs, au Royaume-Uni, le chômage est au plus bas, et a fortement baissé encore l’an dernier, à seulement 4,8 %.

D’autres indicateurs sont aussi dans le vert : la création d’emploi s’annonce excellente pour 2017, l’indice de conjoncture de l’industrie anglaise est au plus haut depuis deux ans et demi, l’indice des services est au plus haut depuis 17 mois et dépasse même les prévisions des analystes depuis trois mois, tous les mois.

Le contre-coup imminent ? 

Résultat, certains oiseaux de mauvais augure qui avaient prédit la fin du monde après le Brexit battent leur coulpe. L’économiste en chef de la banque d’Angleterre, Andy Haldane, a reconnu qu’il avait eu faux sur toute la ligne.

La seule prévision qui s’est réalisée, c’est celle d’un effondrement de la livre sterling, mais justement, cet effondrement a profité à l’économie anglaise en facilitant les exportations tout en renchérissant les importations, ce qui stimule la consommation anglo-anglaise.

Mais certains économistes prévoient que les conséquences du Brexit se feront ressentir plus tard, en 2017 donc : ralentissement de l’économie, inflation, baisse de la consommation des ménages. Réponse… dans 6 mois !


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Laure De Charette

Journaliste depuis 2005, Laure de Charette a d'abord travaillé cinq ans au service France du quotidien 20 Minutes à Paris, tout en écrivant pour Economie Matin, déjà. Elle est ensuite partie vivre à Singapour en 2010, où elle était notamment correspondante du Nouvel Economiste et où elle couvrait l'actualité politique, économique, sociale -et même touristique !- de l'Asie. Depuis mi-2014, elle vit et travaille à Bratislava, en Slovaquie, d'où elle couvre l'actualité autrichienne et slovaque pour Ouest France et La Libre Belgique.

Elle est aussi l'auteur de plusieurs livres, dont "Chine-Les nouveaux milliardaires rouges" (février 2013, Ed. L'Archipel) et "Gotha City-Enquête sur le pouvoir discret des aristos" (2010, Ed. du Moment). Elle a, à nouveau, rejoint l'équipe d'Economie Matin en 2012.