Marché de l'armement : nouveaux records en France et dans le monde

58,2 MILLIARDS $
Lockheed Martin est le numéro mondial de la vente d'armes avec un
chiffre d'affaires de 58,2 milliards de dollars.

Le chiffre d’affaires des 100 plus grandes industries mondiales de l’armement s’élevait à 531 milliards de dollars en 2020. La France reste le troisième exportateur, derrière les Etats-Unis et la Russie.

Un contrat “historique” pour la France

La bonne santé du marché de l’armement se confirme. L’Hexagone vient notamment de signer « le plus gros contrat militaire à composante française de [son] histoire », comme l’a souligné Emmanuel Macron vendredi 3 décembre 2021.

La France venait de signer la vente de 80 chasseurs Rafale et de 12 hélicoptères Caracal, un contrat « historique » selon Florence Parly, ministre des Armées, dont le montant s’élève à 16 milliards d’euros : 14 milliards pour les 80 Rafale au standard F4 fabriqués par Dassault Aviation et 2 milliards pour les armements fournis par MBDA (missiles air-air Mica NG et missiles de croisière Black Shaheen, variante émirienne du Scalp français).

Les livraisons débuteront en 2026 avec des Rafale F4.1 (le premier standard du Rafale F4) et courront jusqu’à la fin de l’année 2030. Pour Dassault Aviation ainsi que pour Thalès (électricien du Rafale), Safran (les moteurs) et plusieurs centaines de sous-traitants, c’est une garantie d’activité pendant plus de six ans.

Selon Eric Trappier, PDG de Dassault Aviation, cette vente constitue un « succès français », le contrat « le plus important jamais obtenu par l’aéronautique de combat française ». Il permettra aux exportations d’armes hexagonales d’atteindre les 28 milliards d’euros en 2021, bien au-dessus du record de 2015 (16,9 milliards d’euros). La France devrait ainsi conserver sa troisième place mondiale en matière d’exportation d’armes (8,2 % du marché), derrière les Etats-Unis et la Russie.

+ 1,3 % en 2020, contre - 3 % pour l’économie mondiale

Mais le pays du Rafale n’est pas le seul pays à voir ses entreprises progresser. En 2020, le chiffre d’affaires des 100 plus grands groupes du secteur de la défense a atteint les 531 milliards de dollars (470 milliards d’euros) dans le monde, selon un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (Sipri), publié lundi 6 décembre 2021. Cela représente une hausse de 1,3 % en termes réels par rapport à 2019, alors que dans le même temps l’économie mondiale chutait de plus 3 %.

Comment expliquer une telle performance en pleine pandémie ? « Les géants de l’industrie étaient largement protégés par une demande publique soutenue en biens et services militaires », explique Alexandra Marksteiner, chercheuse au Sipri. « Dans une grande partie du monde, les dépenses militaires ont augmenté et certains gouvernements ont même accéléré leurs paiements à l’industrie de l’armement afin de limiter l’impact de la crise de la Covid-19 », ajoute-t-elle.

Certes, « dans des nombreux cas, les mesures prises pour freiner le virus ont perturbé les chaînes d’approvisionnement et retardé les livraisons », mais les politiques de soutien budgétaire ont permis aux grandes entreprises de faire face à la conjoncture difficile. Le marché de l’armement est en outre caractérisé par des commandes étalées sur plusieurs années, ce qui le rend moins sensible aux aléas conjoncturels.

La Chine de plus en plus « auto-dépendante »

Le chiffre d’affaires des 100 plus grands groupes d’armement affiche une progression de 17 % depuis 2015, première année pour laquelle le Sipri a inclus des données sur les entreprises chinoises. Les entreprises américaines représentaient plus de la moitié du chiffre d’affaires de cette catégorie en 2020. En effet, 41 des 100 plus grosses industries mondiales de l’armement sont américaines (54 % des ventes), 26 sont européennes (21 % des ventes), 5 sont chinoises (13 % des ventes), 9 sont russes (5 % des ventes).

Avec un montant total de ventes d’armes estimé à 58,2 milliards de dollars, l’américaine Lockheed Martin consolide sa première place, suivie de Raytheon Technologies, Boeing, Northrop Grumman et General Dynamics. Le cas chinois a particulièrement retenu l’attention du Sipri. « La progression de la Chine comme un producteur majeur d’armement a été tirée par sa volonté de devenir plus auto-dépendante dans sa production et du fait de programmes ambitieux de modernisation » de ses armes, analyse le Sipri.

Une quinzaine d’autres pays abritent des entreprises figurant dans le Top 100 mondial : le Japon (5), l’Allemagne et la Corée du Sud (4), Israël et l’Inde (3), l’Italie (2) ainsi que le Canada, Singapour, la Turquie, la Suède, la Pologne, l’Espagne, l’Ukraine et les Emirats arabes unis (1).


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