Bourse, l'heure des choix ?

99,99 %
99,99% des performances financières des OPCVM n'ont aucune crédibilité
financière.

Donald Trump président de la première puissance mondiale décide de déclarer la « guerre commerciale » à la Chine et à l’Europe.

Que faire ? Agir ou incrédule voire tétanisé, ne rien faire et attendre de voir venir ? Choisir une certaine sagesse d’action ou subir une logique sclérosante, menant très souvent au sempiternel « on ne pouvait pas savoir » ?

Pour ma part, je pense que si le rôle des professionnels financiers est d’investir et de spéculer, il est avant tout de sécuriser les capitaux des épargnants lorsque la situation devient trop hasardeuse. Le 20 juin 2018, j’écrivais à mes lecteurs ? « Madame, Monsieur, les événements actuels sont des plus préoccupants et POURRAIENT être le déclencheur d'une crise. Je vous propose de réfléchir selon vos objectifs aux actions appropriées dans ce cas. En ce qui me concerne, je pense qu’il FAUT sortir significativement, car les propos et actions du Président des États-Unis sont sans équivoque ».

Ai-je bien fait, alors que le marché ne réagit pas pour l’instant à due proportion de la situation ? Oui, car le marché n’est devenu qu’une représentation théâtrale de chiffres sans contrepartie financière. Nous, professionnels financiers, avons en face de nous des épargnants/investisseurs peu ou prou avertis. Dans la situation actuelle, notre choix peut se résumer en : je fais comme les copains en priant que rien n’arrive (et si cela arrivait, je pourrais dire comme tout le monde que l’on ne pouvait pas savoir) ou j’agis et je conseille de vendre.

D’un côté, une décision qui peut se comprendre, de l’autre une action qui transforme et sécurise des chiffres comptables en plus-value. Naturellement, une option pourrait être de capitaliser uniquement le montant des plus-values et laisser le capital sous le vent des décisions de l’homme d’action Trump mais serait-elle opportune dans la situation actuelle ? Dans mon article « S’agit-il de crises financières ou de crises d’un aveuglement collectif volontaire ? » paru dans l’Agefi Suisse du 29 août 2017, j’écrivais : « En réalité, nous restons dans l’œil des cyclones financiers que nous créons nous-mêmes. Certes pour l’instant l’amplitude des premières alertes, étant répartie sur quantité de nouvelles dérives financières et nouveaux pays entrant réellement dans le jeu financier, peut paraître faible, mais ne nous y trompons pas, cette apparence de faible amplitude se traduira par une nouvelle crise des plus douloureuse aux conséquences sociologiques, économiques, politiques et financières inconnues à ce jour. Pourquoi la persistance de cette situation de crises répétitives ? Tout simplement parce que les règles et règlements continuent d’ignorer l’autre élément majeur des crises à savoir : le mensonge ».

Le mensonge, c’est celui des fonds communs de placement, entre autres. Ces fameux fonds communs de placement qui vous sont vendus en échange de votre cash ne sont en réalité que des chaînes de Ponzi. Dans ce jeu, vous échangez votre épargne contre des valorisations comptables sans équivalence financière jusqu’au jour où ce système, ayant boosté une surconsommation et fait monter les prix, se termine par une baisse significative de la surconsommation qui provoque un krach boursier.

Comme vous l’aurez compris, les krachs boursiers ne sont dus qu’à la fin d’un mensonge financier et économique lorsque les clients ont voulu transformer leurs soi-disant performances en réalité financière. 99,99% des performances financières des OPCVM (Fonds commun de placement, etc…) qui sont annoncées ou qui font l’objet des comparatifs de presse n’ont aucune crédibilité financière. En effet, ces performances ayant été réalisées par un très faible échange de titres ne peuvent avoir aucune crédibilité pour les autres détenteurs. Personnellement, je ne doute pas que lorsque le scandale de l’abus de confiance et de l’escroquerie des fonds communs de placement sortira dans la presse, ce scandale dépassera largement l’ensemble des autres scandales toute proportion humaine gardée.

Ironie de l’histoire, le 25 juin 2018, jour de la rédaction de cet écrit, Le Figaro publie un article, dont voici un extrait.

« Un trader français a pris une position cumulée de 6,6 milliards de dollars Un trader français, agissant pour son propre compte, a pris une position cumulée de 6,6 milliards de dollars sur des contrats à terme sur des indices actions, alors que son compte n'excédait pas 20.000 euros, sans que cela n'alerte personne dix ans après l'affaire Kerviel. »

Mon commentaire : C’est exactement ce que font quantité de professionnels agréés à une échelle démultipliée dont les produits vous sont vendus quotidiennement grâce à une information financière inadaptée, cela malgré les multiples mea-culpa de la dernière crise.

Le jeudi 29 juin 2017, Monsieur X (j’ai volontairement ôté le nom), 41 ans, a détenu une position acheteuse de 43.941 contrats futures sur le S&P 500, soit une exposition nette de 5,3 milliards de dollars, et de 34.388 contrats futures sur l'EuroStoxx 50, soit une exposition nette de 1,2 milliard d'euros, des ordres passés via le courtier britannique Valbury Capital, selon des relevés de trading vus par Reuters.

Pour terminer mon article, une histoire qui n’est qu’un exemple de ce qui se produit à grande échelle au niveau des professionnels et dont on ne parle volontairement pas…. jusqu’à la prochaine crise, mais « revenons à nos moutons », à votre avis : dans la situation et le monde financier actuel et avec la personnalité de Monsieur Trump, vendre ou ne pas vendre ?


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